Les Québécois semblent moins s’intéresser à la politique internationale par rapport aux résidents des autres provinces canadiennes d’après Jean-Frédéric Légaré-Tremblay, journaliste international au quotidien Le Devoir. Au Québec, l’intérêt de la population est surtout centré sur la politique provinciale et moins sur celle au niveau fédéral. Pourtant, le reste du Canada souhaite savoir ce qui se passe sur la colline parlementaire, à Ottawa.

De plus, selon les données d’Influence Communication, les médias du Québec couvrent deux fois moins la politique canadienne.

« Il n’est donc pas facile d’intéresser les Québécois à la politique internationale en démontrant si peu d’intérêt envers la politique fédérale », théorise le journaliste lors d’une conférence en collaboration avec le département de science politique du Collège Montmorency, pendant la Quinzaine des sciences, en novembre dernier.

Journalisme militaire et antimilitarisme

Le journal Ottawa Citizen, situé dans la capitale fédérale, a un journaliste spécialiste des questions militaires dans ses rangs. Or, ce n’est le cas d’aucun média québécois.

« Le ministère de la Défense est pourtant celui qui coûte le plus cher aux Canadiens. Accessoirement, on parle aussi moins de géopolitique, de conférences internationales et de diplomatie », croit Jean-Frédéric Légaré-Tremblay.

Tout porte à croire qu’il est plus difficile de parler des affaires militaires au Québec. « Il y a une forme d’antimilitarisme fort dans la province. Nous n’avons pas connu de grands conflits ici ni de guerre majeure. Nous avons toujours été isolés de tout ça, contrairement aux pays d’Europe ou ailleurs dans le monde », avance M. Légaré-Tremblay.

Et même lorsqu’il est temps de parler d’une guerre qui sévit quelque part dans un pays dans les médias québécois, l’angle privilégié sera humanitaire ou social, est d’avis le journaliste.

Captiver les Québécois au reste du monde

Même si l’on dit souvent que les médias sont le reflet d’une société, Jean-François Légaré-Tremblay pense que ce rôle de captiver les Québécois à ce qui se passe dans le reste du monde revient à eux, les journalistes.

« Les médias québécois n’ont assurément pas les moyens du New York Times, mais il ne faut pas oublier que nous avons le rôle de “chiens de garde”. Heureusement, je vois que de plus en plus de jeunes journalistes s’intéressent à l’international », conclut-il.

Marie-Eve Cloutier — Agence Science-Presse