Pepo Citrouille ne reviendra pas en 2016. Les six comédiens et l’équipe technique qui assuraient les représentations au Jardin botanique de Montréal en 2015 l’ont appris à trois jours de l’Halloween. Finies les cabrioles de la cucurbitacée qui chante.

Mine de rien, c’est dans une merveilleuse expérience de vulgarisation scientifique pour la jeunesse qu’Espace pour la vie vient de mettre la hache. Un succès incontestable et probablement sans équivalent au pays : 450 000 entrées depuis sa création en 1994.

« Pour le public jeunesse, Pepo est devenu un personnage presque mythique qui aura tenu l’affiche au Jardin botanique de Montréal lors du Bal des citrouilles pendant 21 ans », mentionne Raynald Michaud, concepteur de la pièce de théâtre d’une trentaine de minutes et qui comprenait cinq scénarios en rotation. Plus de 2000 représentations ont été données devant des auditoires émerveillés.

Pepo Citrouille et ses amis ont donné la chance à des dizaines de comédiens de faire leur marque en début de carrière, accumulant de précieux crédits leur donnant accès à un statut professionnel à l’Union des artistes. Certains sont devenus des vedettes de la scène et de l’écran, notamment François Létourneau (Les invincibles, Série Noire, Paul à Québec), Louise Cardinal (Les trois mousquetaires, 30 vies, Les beaux malaises), Sébastien Gauthier (Les Maîtres du suspense, Liverpool), David Savard (Laurence Anyways, La théorie du K-O), Daniel Parent (Apparences, La Galère)…

Ce n’est pas avant l’automne prochain que les parents d’enfants de 4 à 8 ans attirés au Jardin botanique de Montréal pour les activités d’automne constateront cette disparition.

Dans le Devoir du 24 octobre 2011, j’avais comparé ce spectacle, par sa longévité, sa qualité et son nombre de spectateurs, au plus grand succès théâtral du Québec : Broue. Après les piliers de la taverne Chez Willy, les courges de Pepo assuraient l’une des pièces les plus jouées du répertoire québécois, tous genres confondus. D’ailleurs, ce spectacle avait remporté deux masques dans la catégorie vote du public en 2003 et 2006.

Moi, je vais m’ennuyer des ritournelles géniales signées Stéphane Aubin. Et des répliques comme celle-ci, sur la famine irlandaise du 19e siècle : « Quoi, la patate est malade? »

Mathieu-Robert Sauvé