Ça paraît difficile à croire au Québec (et dans une partie de l’Amérique du Nord) alors que la température a atteint les moins 20 Celsius ces derniers jours. Mais au même moment, en Australie, quelques villes de l’État de Victoria ont enregistré lundi des records de 48 ou 49 degrés Celsius. Et ce, dans le contexte d’une canicule qui a vu les températures, depuis une semaine, rester au-dessus de 40 degrés.
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Les météorologues s’attendaient même à d’autres records d'ici la fin de janvier. L’ouest de cet État n’a pas vu une goutte de pluie de tout le mois, et les précipitations avaient été de loin inférieures à la normale en décembre.
Or, ces derniers records sont plus représentatifs que ceux amenés par le vortex polaire qui a frappé une partie du centre et de l’Est de l’Amérique du Nord : une nouvelle étude conclut même que, si la tendance mondiale se maintient, en 2050, le nombre de personnes sur la planète vivant avec des canicules extrêmes aura plus que doublé.
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Cette estimation, parue le 26 janvier dans la revue Nature Sustainability, part du scénario selon lequel, au milieu du siècle, l’augmentation moyenne de la température atteindrait le seuil des 2 degrés Celsius au-dessus de la moyenne d’avant la Révolution industrielle. La planète en est pour l’instant à près de 1,5 degré.
Les chercheurs britanniques décrivent leur travail comme l’étude la plus détaillée à ce jour de la vitesse à laquelle les différentes régions du globe vont atteindre des températures extrêmes, si la présente tendance se poursuit. Ils s’appuient sur des compilations annuelles de « journées de réchauffement » et de « journées de refroidissement » —en d’autres termes, des statistiques permettant de voir l’évolution dans les dernières décennies des « anomalies de températures », que ces anomalies soient vers le haut ou vers le bas.
Si, comme ils l’écrivent, le nombre de personnes sur la planète vivant avec des canicules extrêmes aura plus que doublé dans 25 ans, cela représentera pas moins de 40% de la population mondiale. Les pays tropicaux et ceux de l’hémisphère sud seront plus durement touchés, mais les pays nordiques pourraient trouver l’adaptation plus difficile, parce que leurs immeubles ont été d’abord construits en fonction de climats plus froids.
C’est précisément dans une perspective d’adaptation que s’inscrit cette étude, précisent-ils dans leur introduction. Autrement dit, plus tôt les pays auront une idée de la vitesse à laquelle ils doivent s’attendre à des perturbations majeures, plus ils auront une motivation pour adapter, que ce soit leurs constructions ou leurs réseaux de distribution d’électricité.





