Impossible de faire atterrir en douceur un rover ou une sonde spatiale sur Mars sans intelligence artificielle.  Durant les sept minutes de terreur, soit la période ou un véhicule spatial entre dans l’atmosphère martienne et se pose en douceur sur Mars, il est livré à lui-même.  Aucune assistance du centre de contrôle terrestre n’est possible à cause des délais de transmissions de plusieurs minutes.  Le module de descente doit décider seul des procédures du choix final du terrain d’atterrissage.  Si nécessaire, la destination peut changer.  Sans intelligence artificielle, cette procédure est très difficile à gérer et il en a résulté de nombreux écrasement au sol.

Au début de l’année 2021, une importante conférence virtuelle a été organisé au Québec sous les hospices de l’organisme AIxSpace.  Il s’agissait là du 1er événement dédié à l’IA appliquée au spatial.  L’Agence spatiale canadienne (ASC), l’Agence spatiale française (CNES), des astronautes, des représentants et des scientifiques de compagnies œuvrant dans le domaine spatial se sont réunis pour discuter de la place et de l’importance de l’Intelligence artificielle (IA) dans leurs projets d’avenir.

Selon Frédéric Grandmont, de la firme ABB de Québec, fournisseur de la NASA en capteurs optiques pour un prochain télescope spatial et aussi pour le rover Perseverance, ‘’un gros mariage s’en vient entre l’intelligence artificielle et le spatial’’.  Cet ingénieur et scientifique ajoute ‘’des start-up engagent beaucoup d’experts dans le domaine.  Le défi est de trouver rapidement des moyens de traiter de grosses masses de données pour les utilisateurs humains. L’IA peut démêler beaucoup de data, sinon beaucoup de données sont envoyés à la poubelle’’.

Isabelle Tremblay, responsable de la santé des astronautes en mission à l’Agence spatiale canadienne, affirme que ‘’l’intelligence artificielle est nécessaire aux applications de surveillance d’un grand nombre de données, de la détection d’anomalies puis dans l’établissement de tendance dans le domaine spatial ‘’.  Le futur bras canadien qui sera installé à bord de la station circumlunaire Gateway pourra fonctionner avec beaucoup plus d’autonomie grâce à l’intelligence artificielle.  Plusieurs projets de l’Agence spatial sont en marche sur l’aide à la décision clinique et de l’intelligence artificielle servant de support au diagnostic et au traitement des maladies par des médecins d’équipages d’astronautes dans des missions en espace lointain.  Pour Mme Tremblay ‘’ la télémédecine dans le spatial est d’avenir pour le Canada’’.

Jean-Yves De Gail, président de l’Agence spatiale française (CNES), abonde dans le même sens.  ‘’L’intelligence artificielle permet l’innovation dans le monitoring médical lors de missions spatiales’’.  De plus, l’IA permettra d’automatiser les activités du rover européen en 2022 en partenariat avec l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’agence spatiale russe (ROSCOSMOS). 

Des scientifiques de ThalesAliena space, partagent des avis similaires.  Cette compagnie, présente dans neuf pays du monde et au Québec, a fabriqué le laser de la caméra SuperCam du rover Perseverance, nouvellement arrivé sur Mars.  Un scientifique du groupe Thales, Andrea Merlo, un grand spécialiste italien du spatial, confirme que l’auto-conduite d’un rover sur Mars ou sur la Lune est impossible sans l’intelligence artificielle.  Il ajoute : ‘’ l’assistance robotique et l’intelligence artificielle sont nécessaires à l’aide à la décision ou pour établir un diagnostic dans une mission spatiale’’.  Ani Armenian, agente de communication de la même compagnie, ajoute que le groupe ThalesAliena space offre déjà des systèmes de décision assistés par l’intelligence artificielle dans les avions.  Bien que monsieur Andrea Merlo croit que l’assistance d’un médecin virtuel grâce à un programme avancée d’intelligence artificielle n’est pas encore possible pour des missions humaines futures sur la planète Mars, mais le projet n’est plus de la science-fiction telle qu’évoquée dans la série mythique Star Trek. 

L’avenir semble prometteur pour l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine spatial. Le Québec se taille une place intéressante comme plaque tournante dans ce domaine et suscite l’intérêt de plusieurs chefs de file de l’exploration spatiale et l’émergence de jeunes entreprises (start-ups) résolument tournées vers l’avenir.  Déjà Montréal est connu comme un pôle international majeur dans la conception de jeux vidéo.  Verrons-nous entre Montréal et Québec une nouvelle vallée de l’IA spatial à l’image de la Silicon vallée en Californie ?  C’est une possibilité d’avenir.