Le continent Africain est le berceau de l’humanité et l’Arabie trace le chemin de  l’expansion de l’être humain à travers le monde. Une étude publiée dans la revue Science Advances démontre la présence d’humains en Arabie il y a plus de 120 000 ans grâce à des empreintes de pas. Ce qui en fait une des plus anciennes preuves de la présence d’humain hors de l’Afrique.  

- Andréanne Forest


Il y a 120 000 ans, l’Arabie alors constituée de vastes prairies vertes regorgeait de lacs, de rivières et d’animaux tels que des éléphants et des chameaux. Des humains, trouvant sans doute l’endroit propice, se sont arrêtés en bordure d’un lac pour boire et se nourrir. Le groupe composé d’environ deux à trois individus voyageait ensemble, suivant des troupeaux de mammifères.

Une équipe de recherche à récemment découvert les traces de nombreux mammifères et d’humains dans un gisement lacustre situé dans le Désert de Nefund en Arabie Saoudite. Le lac Alathar l'étude a eu lieu, était un lac peu profond, d’eau douce et oligotrophe, soit pauvre en nutriment. Datant de la fin du Pléistocène, les évènements se sont déroulés pendant une période sèche du dernier interglaciaire.

Des empreintes radioactives

Les chercheurs ont repéré 376 traces au total, d’entre elles, seulement sept appartenant à des humains. Les empreintes de pas ont été faites des humains possédant des pieds plus long, une taille plus grande et une masse plus petite que les Néandertaliens. Les marques de leur passage ont été effectuées sur un intervalle de quelques heures à quelques jours seulement.

Afin de connaitre leurs l’âge, les scientifiques ont daté des sédiments se situant au dessus et en dessous des empreintes par luminescence stimulé optiquement. Cette méthode utilise la radioactivité des électrons piégés dans les minéraux pour connaitre l’âge des sédiments. Ainsi, les échantillons ont été daté à respectivement 121 00 et 112 000 ans.

Un chaînon manquant

Ces traces de pas effectuées par nos ancêtres constituent une des rares preuves et certainement la plus ancienne évidence de la présence d’humain dans la péninsule Arabique. L’archéologue et chef d’équipe de l’étude, Michael Petraglia a déclaré : «Ce sont les premières véritables empreintes humaines d'Arabie»1. Comprendre la migration et l'évolution des hominidés à travers les continents n'est pas simple et les données sont rares et fragmentaires.

Jusqu’à présent, le seul témoignage démontrant que les humains ont traversé la péninsule arabique datait de 88 000 ans et provenait d’un os de doigt humain. Pourtant, les premières évidences de la présence d’Homo sapiens en dehors de l’Afrique datent d’environ 210 à 180 milles ans en Grèce et au Levant. L’étude permet donc d’appuyer la théorie selon laquelle Homo Sapiens c’est répandu en Eurasie en plusieurs vagues successives.

La découverte permet également de mieux comprendre les interactions écologiques entre les humains, les animaux et l’environnement à cette époque. Force est de constater que les humains et les herbivores se sont trouvés au même endroit, au même moment.

Crédit photo: Andréanne Forest,  septembre 2020

https://www.sciencemag.org/news/2020/09/these-120000-year-old-footprints-offer-early-evidence-humans-arabia