Dans la lutte contre le réchauffement, nous avions quelques alliés, dont le plancton. Hélas, il semble qu'on ait surestimé ses capacités à nous débarrasser du CO2, principal gaz à effet de serre.

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Selon une étude publiée dans Nature, le phytoplancton du Pacifique souffrirait d'anémie. En raison du manque de fer, ces micro-organismes végétaux marins produisent moins de chlorophylle, siège de la photosynthèse, elle-même grosse mangeuse de CO2 et moteur de la croissance végétale. En échange, ces phytoplanctons compensent en fabriquant un autre pigment, de la même teinte. Or, celui-là ne lui permet pas de consommer du CO2. 

Les scientifiques, qui s'étaient fiés jusque-là aux images satellites, n'y avaient vu que du feu, eux qui supposaient que les océans absorbaient 50 milliards de tonnes de CO2. " Cette couleur verte n‚était pas un signe de bonne santé, mais de stress provoqué par un manque de fer " précise ainsi Michael Behrenfeld, biologiste à l'Université de l'Oregon. Car pour s’épanouir, le plancton a besoin d'engrais: azote et phosphore qui viennent du fond des océans, mais aussi fer apporté par les profondeurs et transporté par les vents. L'expert a découvert le pot aux roses en épluchant avec son équipe 12 ans de données collectées le long de 57 900 km dans les eaux du Pacifique.

La présence de cet autre pigment vert, en lieu et place de la chlorophylle, se traduit pour les micro-organismes végétaux par un manque à croquer‚ de 2,5 milliards de tonnes de CO2 ! Autrement dit, on a surestimé d’au moins 2% l'aide que nous apportaient nos minuscules alliés dans la lutte contre le réchauffement climatique...

Caroline Lepage

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