Les éditions Ken Steacy Publishing viennent de réimprimer un livre devenu impossible à trouver depuis 50 ans : As I See, par l'artiste Boris Artzybasheff. Cet ouvrage de 88 pages est rempli d'illustrations fantastiques sur quatre thèmes : les Neurotica, une série consacrée à dépeindre la frustration, la timidité, l'alcoolisme, etc. ; les Machinalia , illustrant des machines antropomorphiques ; les Diableries, des interprétations ridicules d'instruments de guerre ; et le dernier groupe, Escapades, porte sur la culture et les vanités humaines.

J'avais initialement découvert ces remarquables dessins dans un article paru dans le Scientific American Magazine de novembre 1993, intitulé “ The Art of Boris Artzybasheff ”. Vous trouverez, par ailleurs, une bibliographie en ligne ici.

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La spécialité d'Artzybasheff était sans conteste ses machines à visage humain. Il excellait à trouver des formes anthropomorphiques à toutes sortes de machines industrielles ou d'outils mécaniques. Il dépeignait des missiles grimaçants et des moteurs rieurs, des avions angoissés par le temps et des tracteurs concentrés à leur tâche. Ses machines, la plupart du temps bénignes, singeaient l'humanité par ses émotions, dans le cadre d'occupations diverses. Son style fait penser aux œuvres de Giuseppe Arcimboldo avec ses portraits composés par des fruits ou des paysages. À la fois baroques et détaillées, ses illustrations étaient fort appréciées dans les années 1950, et il remplit ainsi plus d'une centaine de couvertures pour le magazine Time.

L'anthropomorphisation de nos machines est sans nul doute un phénomène inévitable, dont l'origine remonte à la plus haute antiquité lorsque les hommes humanisaient la nature en inventant des dieux dans le ciel, des nymples dans les bois, des dryades et des ondines dans les cours d'eau. C'est d'ailleurs pourquoi le thème de l'automate (i.e. robot, androïde et autres golems médiévaux) est apparu très tôt à l'époque moderne, même avant le véritable début de la révolution industrielle du XVIIIe siècle. Aujourd'hui, la machine à figure humaine nous poursuit dans nos films sous le visage du Terminator ou des Screamers. C'est là un juste retour des choses si les machines créées à notre image se révèlent de dangereux tueurs psychopathes. Miroir, miroir, dis-moi qui à l'âme la plus noire…

Boris Artzybasheff est né le 25 mai 1899 à Kharkov en Ukraine. Il étudia à St-Petersbourg, et émigra aux États-Unis en 1919. Artzybasheff occupa une variété d'emplois jusqu'en 1922, date à laquelle il se lança dans le graphisme. Durant sa longue et prolifique carrière d'illustrateur, il fit des dessins pour des livres d'enfants, pour des couvertures de livres et de magazines ainsi que pour des campagnes publicitaires. Durant la seconde guerre mondiale, il travailla pour la branche de la guerre psychologique au département d'État. Boris Artzybasheff est mort le 16 juillet 1965.

Quelques liens supplémentaires :

The Art of Boris Artzybasheff : http://www.panshin.com/art/artzy/artzy.html

Online exhibit at the William F. Eisner Museum of Advertising & Design : http://www.eisnermuseum.org/_artzybashoff/main.html

American Art Archives : http://www.americanartarchives.com/artzybasheff.htm

Alphabet of Illustrators : http://www.fulltable.com/VTS/aoi/a/artzy/a.htm

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