Au cours des derniers mois, plusieurs événements tragiques sont venus nous rappeler a quel point nous sommes soumis aux risques naturels: le tremblement de terre et tsunami du 26 décembre 2004 qui ont dévasté l'Indonésie et l'océan indien, l'ouragan Katrina qui a frappe la Nouvelle Orléans, et la semaine dernière le tremblement de terre au Pakistan qui a fait de nombreuses victimes. Bien que ces événements ont été abondamment décrits et commentes par la presse, je pense qu'il est utile de leur consacrer cette première chronique.

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Grâce à l'extraordinaire réseau de surveillance par satellites, nous avons pu suivre en direct le développement de Katrina. Sans cette surveillance et les mesures préventives qui ont été prises, cet ouragan aurait pu être beaucoup plus meurtrier. Le plus grand désastre naturel de l'histoire des Etats-Unis a été l'engloutissement de Galveston par un ouragan, il y a exactement un siècle. Près de 10,000 personnes avaient péri dans ce désastre inattendu. L'impact de tels ouragans est aujourd'hui réduit grâce aux progrès scientifiques, surveillance satellite, prévisions météorologiques. Il pourrait être encore bien moindre si la réponse de nos sociétés était plus à la hauteur. En ce qui concerne, la Nouvelle Orléans, depuis longtemps les scientifiques, géologues et hydrologues, avaient prévu les risques. La société a failli à prévenir la catastrophe.  Ce que la Nouvelle Orléans a surtout montre c'est que, même face aux catastrophes naturelles, nous restons inégaux. Et nous aurions beaucoup moins parle de Katrina si elle avait frappe une petite île des Caraïbes !

Le tremblement de terre du Pakistan démontre d'une autre façon notre inégalité face aux risques naturels. Cette région, ou deux plaques continentales sont en collision, subit constamment  des tremblements de terre. Le dernier était violent, mais 50 fois moins que celui d'Indonésie. Il est vraisemblable qu'un tremblement de même magnitude que celui qui a frappe le Pakistan ferait beaucoup moins de dégâts au Japon qui est le pays le mieux prépare à résister aux risques naturels. Le Japon a les moyens et surtout la volonté de se préparer.

Le risque sismique est celui auquel il est le plus difficile de faire face. Depuis longtemps, les géophysiciens espèrent pouvoir prédire les tremblements de terre afin d'en réduire l'impact. On peut estimer avec une certaine précision la probabilité d'un tremblement de terre dans une région donnée, mais on ne peut dire avec la moindre certitude qu'un tremblement de terre frappera demain. L'espoir de mettre au point des méthodes fiables de prédiction s'est jusqu'à present révèle illusoire. Ce n'est pas une raison pour renoncer. Même sans prédire le tremblement de terre, on aurait pu réduire l'impact du tsunami, si on avait mesure à temps le danger. Rétrospectivement,  le coût de la mise en place d'un système de surveillance parait dérisoire.

Bien que nos succès soient très relatifs que de nombreux échecs invitent à la modestie, la prévention des risques naturels passe par la compréhension du fonctionnement de la planète. Aucune réponse aux risques n'est possible sans recherche fondamentale et surveillance continue de notre environnement. Condition nécessaire, mais hélas, non suffisante !

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