Cette année sera particulièrement faste, ou plutôt néfaste, en ce qui concerne les ouragans. Alors que l'on n'a pas fini d'estimer les dégâts de Katrina, de nouveau records ont été établis par l'ouragan Wilma qui vient de se développer et aujourd'hui affecte le Yucatan et Cuba. On ne peut pas prévoir ni la trajectoire ni l'évolution de Wilma au cours des jours qui viennent. On peut espérer qu'elle ne sera pas aussi catastrophique que Katrina, mais Wilma est déjà entre dans la petite histoire des ouragans comme l'ouragan le plus violent jamais enregistre. Jamais, on n'avait enregistre pression atmosphérique plus basse, que celle qui a été mesurée  dans l'œil de l'ouragan Wilma : 882 millibars, soit plus de 10% inférieure a la pression normale au niveau de la mer. Ce sont ces différences de pression qui mettent en mouvement les masses d'air et produisent des vents de plus 250km/h avec des rafales de près de 350km/h. Un vrai monstre, cette Wilma !

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A l'heure où Wilma faisait tomber en 24 heures près de 60cm d'eau sur les régions montagneuses de Cuba, nous apprenions que l'Amazonie connaissait la sécheresse et que la circulation fluviale avait été interrompue au delà de Manaus, à cause du niveau des eaux du fleuve, le plus bas depuis 35ans.

 

De nombreux climatologues se demandent si les deux phénomènes ne sont pas liés. La sécheresse en Amazonie est causée par la température élevée de la surface des océans. Cette  sécheresse n'est pas tout à fait sans précèdent, et est en partie liée aux phénomènes El Nino. Elle est aussi liée au fait que la surface de l'Atlantique tropical nord est anormalement chaude, d'où les basses pressions, les ouragans dans le Golfe du Mexique, et la sécheresse en Amérique du Sud.

 

Les climatologues s'interrogent depuis longtemps sur l'effet du réchauffement global sur le développement des ouragans. On a déjà suggéré que le nombre d'ouragans et leur violence  allaient augmenter a cause du réchauffement climatique. Un article publié dans la revue « Science » par un climatologue de la NOAA, Kevin Tremberth (Science, 308, p.1753-1754, 2005), suggérait que c'était déjà le cas et que la fréquence des ouragans a augmenté au cours des 30 dernières années. Bien sur, on ne doit pas tirer de conclusions à partir d'une année particulièrement néfaste. La variabilité statistique peut  expliquer les ouragans phénoménaux de 2005. Mais il est très possible que nous soyons déjà entrés à cause du réchauffement climatique dans une période d'événements extrêmes.

 

Pour suivre Wilma, la météo, et pour plus d'informations sur le climat, le site de la NOAA est très bien conçu (http://www.noaa.gov/).

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