Dans mon article précédent, on aboutit à l'idée que de la chaleur devrait pouvoir être produite à la suite de la fusion de trous noirs. Cette chaleur (ou du moins une partie de celle-ci) pourrait correspondre à un bruit d'ondes gravitationnelles. Quand nous parlons de chaleur, nous parlons aussi d'entropie. Or, à l'entropie est lié le concept d'information. De l'information qui a été bruitée et dans laquelle a donc été introduit un désordre. Dans ce cas-ci, c'est dire que cette information bruitée ferait partie de la structure de l'espace-temps. De fait, puisque les ondes gravitationnelles sont des oscillations de l’espace-temps et qu’elles nous renseignent sur la nature et la masse des corps qui fusionnent entre eux, c'est donc dire qu'il s'agit bien là d'informations. En d'autres mots, qu'elle soit bruitée ou non, nous sommes amenés à concevoir que tout l'espace-temps contient de l'information.
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Il se trouve que cette information est produite par des sources d'ondes gravitationnelles. Autrement dit, la gravité est source d'informations qui se propagent via l'espace-temps. Dès lors, on pourrait se demander si la gravité ne pourrait pas être source d'informations également disponibles pour d'autres types de phénomènes, à savoir ceux relevant de la biologie. Il s'agirait dans ce cas d'un pont à construire pour valider cette hypothèse que j'ai présentée dans certains articles.
Conséquences avec l'expansion de l'Univers
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S'il s'avère que tout l'espace-temps contient de l'information, nous devons nous poser cette question : que devient cette information avec l'expansion de l'Univers? Deux éléments de réponse, nous semble-t-il, doivent être pris en considération. D'une part, avec l'évolution de l'univers, le nombre de sources gravitationnelles doit avoir augmenté si bien que le niveau de bruit d'ondes gravitationnelles devrait connaître une augmentation. L'information, quant à elle, est codée par des ondes qui possèdent donc une fréquence et une énergie. Comme pour le rayonnement électromagnétique, l'expansion de l'Univers devrait étirer ces longueurs d'onde. Forcément, leur fréquence diminue et donc leur énergie. Si l'énergie d'un signal diminue, il devrait être plus facilement bruité. Vue sous cet angle, l'expansion de l'Univers devrait entraîner une augmentation de l'entropie. À cela, rien de bien étonnant.
Nous devons toutefois nous demander si la totalité de l'espace-temps de l'univers est en expansion. Cela ne semble pas être le cas pour l'espace entre les étoiles à l'intérieur des galaxies. La gravité qui les maintient ensemble semble suffire à contrer cette expansion. À défaut de quoi, plus on regarde loin, plus on devrait constater une diminution de la taille des galaxies pour une luminosité ou un nombre d’étoiles donné puisque regardez loin dans l’espace, c’est regarder loin dans le passé. Ce simple constat nous amènerait à penser que l'intensité de la force gravitationnelle à l'intérieur des galaxies aurait pour effet de maintenir un rapport signal/bruit plus élevé que dans le reste de l'univers. Nous savons aussi que la matière noire est une composante des structures galactiques. De par son effet gravitationnel, elle devrait donc, elle aussi, jouer un rôle dans ce rapport signal/bruit. Pourtant, s'il existe un bruit d'ondes gravitationnelles issu du Big Bang, on imagine qu'il devait être plus intense à mesure qu'on remonte dans le temps à tel point, qu'à une certaine époque, aucun signal (du moins ceux liés aux ondes gravitationnelles) ne pouvait se propager sans être entièrement submergé par ce chaos. L'expansion de notre univers aurait eu pour effet, dans ce cas-ci, d'atténuer le niveau d'intensité de cet enchevêtrement chaotique. Nous sommes bien sûr ici en pleine spéculation et, on le voit, il ne sera pas simple de démêler cet écheveau. Signe, sans doute, que l'astrophysique et la cosmologie nous réservent encore bien des surprises.




