Cette année n'a pas seulement été marquée par un nombre record de catastrophes naturelles. Nous avons aussi vu le prix du pétrole brut atteindre un niveau record. Si cela pouvait nous inciter à réduire notre consommation, ce ne serait pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Il faut pourtant se rendre compte que la flambée des prix du brut reflète avant tout une augmentation record de la consommation. Il est peu vraisemblable que cette tendance s'inverse. La Chine et d'autres pays sont en pleine expansion économique. Aujourd'hui la circulation automobile à Pékin ou Shanghai est plus dense que celles de Montréal ou Toronto. Imaginons qu'un jour toutes les familles chinoises et indiennes auront deux automobiles !

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Les ressources en pétrole sont ne sont pas infinies. On le sait depuis très longtemps !  Il a fallu des centaines de millions d'années pour que se forment toutes nos réserves de pétrole et de gaz naturel. Dans les années 50, King Hubbert, qui était géophysicien chez Shell avait analysé les réserves de pétrole des Etats-Unis et avait prédit que la production commencerait à décliner en 1973. Son analyse du cycle de découverte, développement et exploitation des ressources impliquait que la production  suivrait une courbe en forme de cloche. Cela s'est bien vérifié aux Etats-Unis ou l'extraction de pétrole augmentait plus rapidement que la découverte de nouvelles réserves. La production des Etats-Unis a commence à décliner en 1973. La décroissance n'a pas été aussi rapide que prévue parce que les techniques d'extraction se sont améliorées et que nous « nettoyons » beaucoup mieux aujourd'hui les réservoirs. Cette extraction est plus coûteuse.  Mais le coût d'extraction est négligeable avec les prix actuels. On ne peut pas prédire exactement quand la production mondiale commencera à décroître parce que les statistiques sont moins bonnes et parce qu'elles ne sont pas toutes publiques. Mais ce déclin est inéluctable que la largeur de la cloche soit 60 ou 80 ans. Le développement de sources alternatives et les mesures de conservation sont de plus en plus rentables économiquement, mais il ne s'agit que d'un faible palliatif.

 

C'est dans ce contexte, ainsi que dans celui de la réduction de l'émission de gaz à effet de serre, que le nucléaire refait surface. Malgré le problème des déchets, peut-être moins grave que celui de l'émission de gaz à effet de serre. Malgré surtout le problème des risques d'accident. Ce n'est donc pas tout a fait un hasard que le prix Nobel de la paix soit allé à l'agence internationale de l'énergie atomique à Vienne, dont une des missions est de promouvoir la sécurité et l'usage de l'énergie nucléaire à fins pacifiques. Le nombre de centrales nucléaires augmente dans de nombreux pays en développement (Inde, Pakistan, Chine). La question est aussi posée à nouveau dans les pays occidentaux. Que cela plaise ou non, nous vivons tous sur la même planète. Nous ne pouvons pas l'ignorer.

 

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