La Conférence sur les changements climatiques qui se tient à Montréal nous apporte une série de prévisions alarmantes qui interpellent directement chaque citoyen. Car l'avenir de la planète est l'affaire de tous. Chacun de nous a le devoir de faire pression sur les gouvernements afin qu'ils résistent aux puissants lobbies polluants et agissent aussi vite que possible.

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Les scientifiques se doivent également de mettre de la pression. C'est particulièrement vrai pour les physiciens. En effet, la météorologie et la climatologie sont des branches de la physique des fluides appliquées à un système bien particulier, la Terre. (Je reviendrai, dans un prochain billet, sur les défis associés avec l'étude des fluides, un problème beaucoup plus compliqué qu'on l'imagine, et donc plusieurs questions fondamentales demeurent sans réponse.)

Les physiciens sont aussi directement impliqués dans le développement de solutions au problème du réchauffement de la planète. En effet, la seule solution à long terme permettant de contrer le réchauffement de la planète consiste à trouver des manières d'exploiter efficacement des sources d'énergie moins polluantes et dérangeantes pour l'environnement. Le développement des pays les plus pauvres implique une forte croissance de la demande en énergie. Pour le moment, cette demande est essentiellement satisfaite grâce à une utilisation toujours plus grande des énergies fossiles — le pétrole, le gaz naturel et le charbon, ce qui contribue à accélérer le réchauffement planétaire.

Il serait déplacé d'interdire aux pays les plus pauvres d'améliorer leur existence. La solution consiste plutôt à mettre au point les techniques qui nous permettront à tous de profiter d'une meilleure qualité de vie sans pour autant détruire notre environnement. Les alternatives sont nombreuses et puisque la plupart de celles-ci ne peuvent fournir assez d'énergie pour satisfaire même les besoins actuels, il faudra certainement en utiliser plusieurs : énergie hydroélectrique, marémotrice, éolienne, géothermique et solaire seront certainement de la partie. Mais il ne faut pas mettre de côté l'énergie nucléaire, la seule qui puisse assurer une quantité d'énergie suffisante sans exiger qu'on recouvre la planète d'éolienne ou de panneaux solaires.

Même cette source est très limitée. Les réacteurs actuels utilisent l'isotope d'uranium 235, qui représente seulement 0,7 % de tout l'uranium disponible. Les gisements connus actuellement seraient suffisants pour assurer nos besoins en énergie durant 40 à 70 ans seulement. Il est donc nécessaire de favoriser le développement de la nouvelle technologie, les surgénérateurs, qui utilisent l'uranium 238 (qui correspond au 99,3 % restant du minerai).  Malheureusement, ces surgénérateurs utilisent également le plutonium, un matériau fissile particulièrement utile dans la fabrication de bombes nucléaires.

Comme on le voit, les solutions faciles au remplacement des carburants fossiles n'existent pas. Il est essentiel que les gouvernements investissent dans les recherches sur les solutions de remplacement (évidemment, un tel investissement ne serait pas mauvais pour la communauté physicienne). Entre temps, il faut mettre l'accent sur la réduction des gaz à effet de serre.

Lectrices et lecteurs : écrivez dès à présent à vos députés et candidats. Une campagne électorale est le meilleur moment pour obtenir des promesses.

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