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Un dialogue sur les OGM est-il possible?

Pascal Lapointe, le 30 août 2013, 14h05

(Agence Science-Presse) Davantage de vitamines A pour les enfants. Le dernier espoir pour les oranges de Floride. Et des OGM qui dérangent moins quand ils sont en médecine.

Un dialogue sur les OGM est-il possible?
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Un dialogue sur les OGM est-il possible?

— Dossier de Nature: GM Crops. Promises and Reality, mai 2013.

— Dossier du Scientific American : The Truth about Genetically Modified Food, septembre 2013. [pour l'instant réservé aux abonnés]

— Recension d’études sur la consommation d’OGM par des animaux (12 études de long terme, 12 études étalées sur plus d’une génération). Assessment of the health impact of GM plant diets in long-term and multigenerational animal feeding trials: A literature review, Food and Chemical Toxicology, mars 2012.

— Alexander J. Stein, «Golden Rice: What it is, what it does and how good it is at doing it». Dernières modifications: 6 avril 2013.

— Amy Harmon, «A race to save the orange by altering its DNA», New York Times, 28 juillet 2013.

Le débat politico-médiatique sur les OGM —organismes génétiquement modifiés— semble effectuer un virage. L’opposition devient moins monolithique, intégrant dans son discours des arguments qui, s’ils ne plaisent pas aux partisans d’un rejet sans compromis, font espérer l’émergence d’un vrai débat.

C’est du moins ce qui se dégage de dossiers et de reportages sur les organismes génétiquement modifiés publiés tour à tour, ces derniers mois, dans la revue Nature, dans le Scientific American, dans le magazine environnemental Grist et dans le New York Times, entre autres. Ces textes donnent la parole à des opposants mieux articulés que ce qu’on a l’habitude d’entendre, tout en rappelant l’existence d’un corpus de recherches remontant dans certains cas à 40 ans.

Il faut en effet rappeler que, contrairement à la croyance populaire, de nombreuses études ont été menées, notamment sur toutes sortes d’animaux nourris aux OGM. Autant la National Academy of Sciences des États-Unis que l’Organisation mondiale de la santé ont conclu que les plants génétiquement modifiés étaient aussi sécuritaires pour la santé que leurs cousins « non-OGM ».

Mais il subsiste des zones d’ombres. Dans un dossier spécial sur «les promesses et réalités des OGM» en mai dernier, la revue Nature donnait par exemple la parole à ceux qui s’inquiètent de l’apparition de mauvaises herbes résistantes. Un phénomène qu’on pourrait qualifier de darwinien: en sur-utilisant des herbicides autour de plants qui ont été génétiquement modifiés pour résister aux herbicides, on a accéléré l’évolution de «familles» de mauvaises herbes résistantes.

Les plantes tolérantes au glyphosate [l’herbicide] pourraient être considérées victimes de leur propre succès. Historiquement, les fermiers utilisaient de multiples herbicides, ce qui retardait le développement d’une résistance... Les plants GM ont permis aux cultivateurs de s’appuyer presque entièrement sur le glyphosate, qui est moins toxique que plusieurs autres produits et tue un large spectre de mauvaises herbes... Les fermiers les ont donc plantés année après année sans pratiquer de rotation des cultures ou faire varier les produits.

(...) Au final, les plants GM résistants aux herbicides sont moins dommageables pour l’environnement que les plants conventionnels cultivés à l’échelle industrielle. Une étude (...) a démontré que l’introduction du coton tolérant à l’herbicide avait économisé 15,5 millions de kilos d’herbicides entre 1996 et 2011, une réduction de 6,1%... Et la technologie des plants GM a entraîné une amélioration de 8,9% du quotient d’impact environnemental —une mesure qui prend en compte des facteurs tels que la toxicité des pesticides.

Cet exemple de débat, appuyé sur des données, est contrasté par rapport aux critiques plus simplistes qui percent plus souvent dans le discours public et qui comportent immanquablement «l’argument Monsanto». Au début d’août, le blogue Genetic Literacy Project ironisait sur ceux qui s’empressent de qualifier de pro-Monsanto quiconque fait mine de découvrir un fait favorable aux OGM.

Nous savons tous que quiconque impliqué dans la couverture des modifications génétiques et qui n’y est pas fermement opposé, est un vendu à l’industrie pro-Monsanto.

Sa sortie s’inscrivait dans un débat qui a suivi la parution, en juillet dans le New York Times, d’un reportage de la journaliste Amy Harmon, encensé par ses pairs, sur les oranges de Floride : attaquées par un pathogène, leur dernière chance de survie pourrait bien être du côté du génie génétique.

Pour ralentir la progression de la bactérie qui cause la maladie, ils ont coupé des centaines de milliers d’arbres infectés et répandu toutes sortes de pesticides sur l’insecte qui transporte la bactérie. Mais la contagion n’a pas été contenue.

Dialogue de sourds: le cas du riz doré

Depuis des années, les arguments des deux camps, pro et anti-OGM, se résument souvent à un dialogue de sourds. Le 9 août, un arrachage de plants d’un champ expérimental de riz doré (Golden Rice) aux Philippines a ainsi réjoui les uns et désolé les autres.

Le riz doré, une variété de riz modifiée génétiquement, est en développement depuis une quinzaine d’années. Les détails sont parus pour la première fois dans Science en 2000. Pour ses promoteurs, il est l’un des meilleurs espoirs actuels pour alimenter en vitamine A une partie de la population des pays pauvres. Pour ses opposants, cette carence en vitamine A aurait plus de chances d’être résolue par une réforme des pratiques agraires. Les deux camps s’entendent uniquement sur la gravité du problème: les carences en vitamine A sont la première cause de cécité chez un quart de million d’enfants chaque année, et l’affaiblissement du système immunitaire qui en découle serait la cause de 2 millions de décès évitables par année.

Incidemment, le riz doré n’est pas la propriété d’une compagnie, mais d’un organisme à but non lucratif, l’Institut de recherche internationale sur le riz. Une pétition de scientifiques appuyant le riz doré a été lancée à la suite de cet arrachage et a récolté jusqu’ici 5000 signatures.

Mais la controverse créée par l’arrachage a permis d’apprendre que même des opposants aux OGM sont devenus au fil des ans sympathiques à la cause du riz doré. L’auteur Michael Pollan, qui décrivait en 2001 le riz doré comme une simple stratégie de marketing (The Great Yellow Hype), a répondu le 26 août au journaliste Andrew Revkin du New York Times, qu’en dépit de son scepticisme, «je pense certainement que la recherche et les tests devraient se poursuivre».

Au passage, il s’avère de plus que cet arrachage de plants a été le fait d’activistes anti-OGM, et non de «400 fermiers» locaux comme les organisateurs et Greenpeace l’ont d’abord fait croire.

Si ce geste n’est pas de nature à contribuer à un dialogue, l’autre camp n’est pas sans taches. Le chroniqueur «alimentation» du magazine Grist, Nathanael Johnson, rappelait le 19 août à quel point certaines réactions de défenseurs des OGM à des chercheurs ayant commis des erreurs, réelles mais (présume-t-on) de bonne foi, ont été disproportionnées. Il est possible, rappelle-t-il, de répondre rationnellement à une étude, même si c’est une étude bidon. Heureusement, poursuit-il, «le gros des critiques constitue un échange scientifique légitime, même si féroce.»

L’agriculture, mais encore?

Ceci dit, même les Floridiens qui voient dans la génétique le salut pour leurs oranges, conviennent qu’ils ont du pain sur la planche pour en convaincre l’opinion publique. Non seulement —ils l’ont constaté par les réactions hostiles en ligne— pour une bonne partie de la population, l’équation se résume-t-elle à OGM=Monsanto, mais en plus, une orange génétiquement modifiée, c’est psychologiquement plus dur à avaler qu’un bol de céréales.

Les aliments OGM que les Américains mangent depuis plus d’une décennie —maïs, soja, huile de canola, sucre— arrivent pour la plupart sous la forme d’ingrédients invisibles, par exemple dans les céréales, les vinaigrettes pour salades ou les tortillas.

La grosse erreur de l’industrie et des promoteurs des OGM aurait été, selon l’éditorialiste de la revue Nature, d’effectuer un virage vers le tout-à-l’agriculture dans les années 90, sans même avoir tenté de démontrer au citoyen «à quoi ça peut servir».

L’industrie des biotechnologies a concentré le gros de son attention sur des caractéristiques non pas destinées à plaire aux consommateurs, mais plutôt à accroître la productivité des champs. Des plants résistants aux herbicides et aux insectes ont alors proliféré aux États-Unis et dans plus de 25 pays. Les OGM allaient devenir des outils agricoles.

(...) Les fermiers ont été généralement heureux d’adopter les semences transgéniques et la technologie a même rempli certaines de ses promesses d’aider l’environnement en réduisant la quantité et la variété des pesticides nécessaires. Armés de désinformation, des opposants ont pris d’assaut les rues, les supermarchés et les réseaux sociaux. Avec un sujet aussi sensible pour les gens que la nourriture qu’ils mangent et qu’ils donnent à leurs enfants, ceux qui jouent avec les peurs, les préoccupations et l’incertitude ont souvent le dessus. Et les peurs sont entrelacées avec une méfiance à l’égard des compagnies.

Avant cela, dans les années 1980 et 1990, les recherches sur les OGM avaient commencé à tourner autour de la médecine, sans que quiconque ne s’en préoccupe. C’est lorsque l’assiette a commencé à être touchée que l’opinion publique européenne, puis les autorités européennes (un moratoire a été imposé en 1998), ont commencé à s’en inquiéter —peut-être, suppute aussi le document de l’Organisation mondiale de la santé, parce qu’on ne pouvait percevoir aucun avantage évident.

L’agronome allemand Alexander Stein, dont le riz doré est la spécialité, a écrit un texte en partie en réponse au débat sur l’arrachage des plants aux Philippines:

Tout le monde dans le domaine s’entend pour dire que la solution idéale serait que [les habitants des pays en voie de développement] diversifient leur alimentation et se nourrissent mieux. Toutefois, c’est exactement le coeur du problème: les gens sont simplement trop pauvres et, dans certains cas, n’en connaissent pas assez sur la nutrition. Ça veut dire que la recommandation ressemble un peu à la phrase attribuée à Marie-Antoinette, «laissez-les manger du gâteau». S’ils le pouvaient, ils seraient probablement plus qu’heureux de le faire.

L’argument de ceux qui veulent sauver les mythiques oranges de Floride renvoie lui aussi à l’agriculture, mais surtout à la façon dont elle a changé le monde qui nous entoure, pour le meilleur et pour le pire:

Avant que les humains n’entrent en scène, le maïs était une mauvaise herbe, les tomates étaient minuscules, les carottes étaient rarement oranges et les vaches produisaient peu de lait. L’orange, quant à elle, pourrait ne jamais avoir existé si les migrations humaines n’avaient pas réuni le pomélo de la taille d’un pamplemousse, originaire des Tropiques, avec la mandarine des régions tempérées de la Chine. Et ce ne serait pas devenu l’arbre fruitier le plus répandu si les marchands ne l’avaient pas transporté à travers le monde.

Y aurait-il une raison pour faire de «OGM» une catégorie d’aliments complètement à part des autres? Tous les faits vont à l'encontre de cette croyance, entre ce que l’humanité a appris de l’agriculture depuis 10 000 ans et de la biologie depuis 200 ans.

Y aurait-il certains OGM qui mériteraient une attention soutenue ou une gestion différente? C’est la direction vers laquelle tentent de pousser ces auteurs.

23 commentaires

Portrait de lucas

Agriculture plus rentable ???? C'est surement Monsanto qui a dit ca ?? Publicité mensongère exactement comme dans le passé (round up était supposé être biodégradable, c'est drôle la recette n'a pas été changer et cette information ne se retrouve plus sur les étiquettes...)

http://www.fnab.org/index.php?option=com_content&view=article&id=269&Itemid=43

L'agriculture naturelle est plus productrice à l'hectare que la monoculture chimique.

Personne n'est contre les OGM en laboratoire, on est contre les OGM en nature... Nuance!

Portrait de ydutil

Lucas, le rendement de l'agriculture biologique est de 30 % inférieure que la culture industrielle.

Portrait de pascal

Ajout, 11 septembre. Une réflexion sur les raisons profondes qui sont derrière ce rejet viscéral des OGM vécu par une partie du public, dans cet éditorial de Nature Biotechnology :

Le fait est que, l’attitude négative reste enracinée et répandue. Et un changement nécessitera un effort concerté et à long terme pour développer des aliments GM qui apportent un réel avantage au consommateur —un domaine où les compagnies de semences ont brillé par leur absence dans la dernière décennie.

Portrait de lucas

http://www.youtube.com/watch?v=NZ2tJ35pWj4

Écoutez le svp c'est très intéressant !!

Portrait de pascal

Je l'ai écouté quand il est sorti. Et comme ça a été plusieurs fois dit, autant dans l'article ci-haut que dans les commentaires, il faudrait qu'on arrête de se contenter de croire que OGM = Monsanto.

Portrait de lucas

Pourriez-vous me sortir des noms de compagnies autre que Monsanto qui crée des OGM ? svp, après quelques recherchers j'ai rien trouvé...

Portrait de ydutil

Toute l'industrie biomédicale à créé des OGM. C'est un élément essentiel des toutes les recherches en génétique.

Portrait de pascal

1) Dow et 2) DuPont sont les deux autres plus gros pour ce qui est des semences. Mais il faudrait ajouter à la liste un grand nombre de multinationales de l'alimentation qui font dans ce qu'on appelle "la transformation" des aliments —Kellogg, Pepsi, General Mills, etc.— ils ne "créent" pas un OGM (à supposer qu'on puisse dire que quiconque "crée" un aliment), mais ils produisent des aliments à partir d'ingrédients GM.

Portrait de pascal

Ajout, 6 septembre. Une discussion qui prolonge celles relatées dans l’article ci-haut a eu lieu à Boston le 5 septembre. Selon Pamela Ronald, collaboratrice au nouveau blogue sur l’alimentation du Scientific American:

In a forum yesterday hosted by the Boston Review Magazine, a group of journalists, activists, plant biologists, and farmers as well as academic experts in food security, international agricultural and environmental policy sat around a virtual table to find common ground. All accepted the broad scientific consensus that the process of GE [genetic engineering] does not pose inherent risks compared to conventional approaches of genetic alteration and that the GE crops currently on the market are safe to eat and safe for the environment. That agreement allowed the discussion to move forward to a more societally relevant issue- the use of appropriate technology in agriculture.

Portrait de dcarter

Bonjour,

Je vous invite à (re) mon entrevue avec J-P Oury, auteur du livre La querelle des OGM. Ma dernière question : comment un dialogue est-il possible entre pro et anti-OGM ?
http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2006/10/06/querelle-ogm

Portrait de Antoine Bonvoisin

Bonjour à tous,

Je voudrais réagir aux commentaires qui ont été émis et notamment les propos de Lucas.

Avant tout, et pour planter le décor, je suis personnellement opposé à l'utilisation des OGM. Ce qui manquerait pour moi dans l'article, c'est peut être une réflexion sur quelles pourraient être les conséquences à long terme de l'introduction de gènes dans les espèces. Sur ce point il me semble qu'on joue avec le feu, sans savoir comment les gènes peuvent se disséminer, et quelles modifications connexes aux effets attendus nous allons observer. C'est aussi sur ce point que l'utilisation des OGM diffère par rapport aux hybridations entre plantes qui ont pu être faites par le passé: par exemple les tomates ou les oranges n'ont pas nécessité l'introduction d'un nouveau matériel biologique pour exister.

@Lucas : il me semble que vous mélangez différentes choses dans cette discussion: tout ce qui relève de la destruction de l'humus, de la disparition des abeilles ou encore de la perte de biodiversité, relève plus a priori de l'utilisation des pesticides et non des OGM (et c'est plus ou moins hypothétique pour les abeilles)... Pesticides qui, comme l'article en fait mention, ont vu leur utilisation décroître avec les OGM.

Portrait de pascal

De fait, là, pour la première fois dans cette discussion, nous touchons à un argument avec lequel il est possible d’imaginer un débat. Par exemple on pourrait se demander s’il ne conviendrait pas d’établir une distinction entre les OGM. Qu'est-ce qu'un "nouveau matériel biologique": uniquement un gène modifié par l'homme? ou bien un gène muté par un rayon cosmique? ou bien un gène transféré entre deux espèces à cause d'un virus? ou bien un gène activé par des fermiers qui ont créé une variété différente de tomate?

Ce sont des questions importantes, parce qu'elles touchent à là où en est rendu la génétique aujourd'hui, et ce, pas juste en agriculture. De tels débats permettraient d'aller au-delà de l'équation simpliste (et fausse) qui prétend que OGM = Monsanto.

Portrait de lucas

J’ai fait ma part d’ouverture, mon opinion est former d’analyse et de melting pot de tous les informations que j’ai trouvé, j’ai donc choisie mon camps en connaissance de cause… Je continue à regarder les 2 côtés pour peaufiner mon opinion. Vous, avez-vous regardé l’autre côté ? Avez-vous lu objectivement mes arguments ? L’ouverture dans un débat ça fonctionne des 2 côtés aussi… Et j’ai malheureusement la forte impression que vous sous-estimer mes arguments, voir même mépriser et discréditer. Vous vous emmurer donc seul avec vos arguments laissant entrer uniquement ce qui vient renforcer votre opinion déjà conclue.

L’histoire est facile, toutes les études ont été financées par Monsanto et la SEULE qui ne l’est pas, a été détruite en une journée par des contre-études encore une fois financé par Monsanto… True story! Moi je vois d’énormes conflits d’intérêts, pas vous ?

Portrait de ydutil

Lucas, de façon objective, cette étude avait de problème méthodologique évident. C'était d'ailleurs le cas d'une autre étude récente qui étudiants les effets physiologiques de l'alimentation OGM sur les porcs a été décrite comme prouvant le danger des OGMs. Pourtant, cette étude montrait elle aussi un problème au niveau de l'interprétation des résultats qui était évident pour un étudiant de niveau collégial. En fait, lue correctement, les résultats de cette étude auraient dus démontrer l'apparente innocuité des OGM. Pourtant, tout ceux qui l'ont fait remarquer se fait fait taxer d'être d'être des suppôts de l'industrie.

Pour moi, il est clair que les cas des OGM est un exemple classique de science pathologique, où il y a d'un coté la méchante «science officielle» face à la bonne «science libre».

Portrait de lucas

Sincèrement désolé pour les attaques Pascal, j’avais l’impression que vous vendiez les OGM en discréditant TOUS les opposants. J’aurais aimé que vous rassemblez tous les informations relié à la technique utilisé, comme j’en parle, l’humus, les abeilles, les impacts a long terme, les impacts sur les nappes phréatiques, les impacts sur la biodiversité, les impacts sur les agriculteurs, etc. Parce que oui il y en a des impacts (sociaux, culturels, économiques et environnementales) et on s’en cachera pas, ce n’est pas 100% sécuritaire, moi j’ai toujours entendu le dicton, vaut mieux prévenir que guérir, mais aujourd’hui ont fait carrément le contraire, on verra plus tard… (Peut-être quand il sera trop tard?)

Yvan, c’est drôle j’ai lu récemment le contraire, comme quoi les méthodes biologique serait plus rentable et meilleur a plusieurs niveaux… De plus, selon moi, la raison rentabilité versus destruction de la nature, le choix est facile pour ma part… Votre ironie sarcastique m’en dit beaucoup : « …la méchante méthode industrielle… ». Prenez moi pas pour un cave, ce n’est pas « méchant », c’est juste stupide. Croissance et rentabilité à tout prix, même le prix de la destruction de la biodiversité. Selon moi le respect de la nature est vraiment mieux que l’avarice non ?

La prochaine fois, j’aimerais voir un peu plus de neutralité et surtout de l’info sur l’autre côté de la médaille… Vos sources ont tous un point en commun, d’énormes intérêts financiers, actionnaires et économiques. Allez voir ailleurs ne peut être que bénéfique.

Est-ce que vous saviez que certain pays était cobaye pour le pesticide, certains villages sont tous devenu infertile puisqu’il n’avait pas d’équipement de sécurité… Lisez-vous ça dans vos sources ? Plusieurs villages qui ont adopté cette technique le regret aujourd’hui pour plusieurs raison : Avant c’était pour nourrir les gens du village, maintenant c’est exporté, avant il était indépendant, maintenant dépendant (des graines, du pesticide et de l’équipement). Cette technique n’est pas rentable pour les agriculteurs, elle l’est pour Monsanto et les actionnaires du pétrole. Ne réalisez-vous pas à quel point c’est dangereux d’avoir éliminé la biodiversité de plusieurs fruits et légumes ? Nous découlons de cette biodiversité, la vie a toujours prospéré grâce à la biodiversité… (Parfois il faut lâcher un peu les journalistes PAYÉS avec des intérêts économiques quelconques et aller voir les gens sur le terrain, ça donne un tout nouveau point de vue...)

Merci!

Portrait de ydutil

Lucas, la dernière revue de littérature dans Nature a montré que l'agriculture biologique avait des rendements inférieurs de 30 % en moyenne. Seul les vergers s'en sortent mieux. Pour ce qui est de la rentabilité, il me semble que David Pimentel a montré que cela pouvait être aussi rentable dans la mesure où les gens étaient prêt à payer plus cher pour des produits bio. Pour ce qui est de la délocalisation vers les pays du sud, de point de vue de la production de gaz à effet de serre, c'est généralement mieux que la production locale si les rendements agricoles sont meilleurs.

Mais, tout ce sébat tourne autours d'une vision bucolique de l'agriculture. Les gens qui vivent en autarcie font de l'agriculture de subsistance. C'est clair que le tout biologique est mieux. Mais, la conséquence est qu'il y a beaucoup plus de gens qui doivent travailler dans le domaine de l'agriculture, ce qui est loin d'être désirable.

Portrait de lucas

Wow, Michel Dussandier, je n’aurais pas dit mieux… Je vous adore!

En passant, un gros merci à Pascal Lapointe pour ce texte extrêmement subjectif. Encore une fois remplie de sophisme et de manipulation d’information…

Encore une fois vous parlez de la fameuse étude bidon, une étude dites à long terme mais faudrait qu’elle soit fait en moins de trois mois, ridicule. Les rats sont enclins au cancer, on s’en fou, tous les sujets sont égaux. Les sujets ont été gavé, on s’en fou, tous les sujets ont été gavé également… Le résultat par-contre est très différent. Faut être vraiment bouché pour ne pas voir ça…

Les abeilles on n’en parlera pas…

« Au final, les plants GM résistants aux herbicides sont moins dommageables pour l’environnement que les plants conventionnels cultivés à l’échelle industrielle »
Quelle belle menterie… Michel en parle justement (le sol est vivant et remplie de biodiversité), c’est une ressource très sous-estimée qui est en déclin, ça s’appelle l’humus, TRÈS IMPORTANT. Et la technique que tu prônes tant, tue l’humus et détruit la biodiversité. Les 2 choses les plus importantes selon moi sur la Terre.

C’est complètement faux, lorsque vous dites, qu’avant nous utilisions beaucoup de pesticides. Rechercher sur le compagnonnage, le purin d’ortie…

Vous oubliez, que cette technique a quasiment éliminé tous les fermiers de familles se trouvant dans les pays occidentaux, notre économie alimentaire est rendu dangereusement délocalisé basé UNIQUEMENT sur le PÉTROLE.

Ne voyez-vous pas plein d’intérêt financier inter-relié ?

Vous faites semblant d’être objectif en manipulant le côté de la médaille « opposant ». On dirait que vous n’avez pas fait de recherche sur le sujet… Ou bien que vous preniez tout ce qui faisait votre affaire.
Votre subjectivité a empoisonné la qualité de votre journalisme!
Vous semblez justement être le genre de naïf qui croirait que les OGM éliminerait la famine dans le monde, quand on sait que c’est en majeur partie pour nourrir le bœuf et faire du bio-carburant et tout ça pour les occidentaux. Aucune conscience sociale, ni environnementale et encore moins mondiale. Vous êtes tombé dans le panneau de propagandes corporatives. Inquiétez-vous pas, c’était la même chose pour le réchauffement climatique, la vérité va surement ce savoir avec le temps. Pour l’instant, vous contribuez bénévolement à cette propagande de désinformation… Merci!

Le sujet des OGM sur ce site détruit à petit feu le respect que j’avais pour le site…

Portrait de pascal

Je voulais laisser les lecteurs s’exprimer, mais puisque c’est moi qui est attaqué... :-) Je vous rappelle que le but de ce texte est de poser la question en titre: Un dialogue est-il possible sur les OGM? Je crois personnellement que Oui. De votre côté, votre réponse est un Non catégorique.

C’est une opinion légitime, mais elle le devient moins quand vous discréditez tout le site de Science-Presse sur cette seule base, mais que vous ne dites rien de Nature ou du New York Times ou de Grist ou du Scientific American : parce que si vous lisez une partie de leurs propres dossiers hyperliés dans ce texte, vous verrez qu’ils trouvent du pour et du contre aux OGM, et qu’ils ont écrit beaucoup plus que Science-Presse sur les OGM ces dernières années. Est-ce que ça les décrédibilise? Personnellement, je ne crois pas, parce que je crois qu'un débat est possible. Mais si vous êtes convaincu qu'un débat est impossible, alors ces sources d'information viennent elles aussi de perdre toute valeur à vos yeux. Ce serait triste, non?

Portrait de ydutil

Lucas, les méthodes biologiques c'est bien jolie, mais ton rendements est 30% plus faible qu'avec la méchante méthode industrielle au minimum. On peut bien discuter de l'utilité des OGM dans ce contexte, mais il faut aussi reconnaitre que les méthodes biologiques existaient depuis des siècles et donnaient des résultats limités par l’apport d'azote et de phosphore. Tu peux faire de la rotation des cultures, mais tu perds encore une fois 25% de rendement.

Pour ce qui est des études qui montrent que les OGM sont dangereux, elles sont effectivement de mauvaises qualité. Ce n'est pas un complot de l'industrie, c'est ce que l'on découvre à leur lecture.

Portrait de midier

Encore moi, après j'arrête!
Vient d'être publié le texte suivant (nous ne nous sommes pas concertés, en particulier sur l'image de la grenouille dans l'eau chaude. Il faut croire que nous sommes synchro!)
- OGM : la démocratie est en danger: http://www.infogm.org/spip.php?article5505

Portrait de midier

Je voudrais ajouter diverses petites choses...

Pour paraphraser Maslow: Quand on a le transgénique pour SEUL outil, tous les problèmes ressemblent à des gènes.

Citation, plus générale: L'amoncellement sans lien des connaissances produit une nouvelle et très docte ignorance chez les experts et spécialistes. (Edgar Morin)

L'agronomie ne saurait être réduite au génôme des plantes. Que valent les plus beaux génômes, sur des sols toujours plus dévastés par des techniques agricoles stupides (mais rentables) ?

La recherche sur les OGM est une très mauvaise solution, à DES problèmes autrement plus complexes, parce que systémiques.

Mais avec les OGM, on peut développer des BREVETS, qui rapportent.

LES techniqueS de non-travail du sol, de rotation des cultures, de cultures associées, etc.; ça ne rapporte presque rien: aucun actionnaire pour investir là-dedans. C'est de l'échange de SAVOIR. ET PIRE ENCORE: ces techniques, qui, mine de rien, demandent beaucoup de professionnalisme et même de Science, conduisent à des sols vivants, susceptibles de produire avec de moins en moins d'intrants... autant dire la misère pour tous les parasites de l'agriculture.
Il n'y a pas de doute: le capitalisme doit détruire la vie dans les sols.
La vie est une entrave technique au commerce, comme dirait l'OMC.

Portrait de valnapo

Je cite "Y aurait-il une raison pour faire de «OGM» une catégorie d’aliments complètement à part des autres? Tous les faits vont à l'encontre de cette croyance".
Je répond oui et récuse la généralisation qui consiste à dire "tous les faits vont..."

Le biologiste, le généticien,... qui travaille sur une modification le fait de façon dirigée (terme qui peut être entendu de plusieurs façons) et les résultats sont (presque) ceux qu'il souhaite. Or ces souhaits qui dirigent sont aussi le résultat d'une culture, d'un contexte, de croyances. et combien de "trucs" justes ont depuis prouvé leur nocivité. Deux exemples hors sujet et sur lequel je ne m’étendrai pas: le statut des femmes à travers les âges, l'esclavage. No comments.

Ceci pour dire que peut être que les modifications génétiques introduites sur des plants dit ogm seraient bénéfiques mais la complexité du monde rend difficile le jugement des conséquences à long terme de ces modifications et demandent en conséquence une prudence surmultipliée; prudence qui est mise à mal dès lors que seules des considérations financières dirigent les travaux et les résultats escomptés.

Portrait de midier

Vous écrivez: "L’opposition devient moins monolithique, intégrant dans son discours des arguments qui, s’ils ne plaisent pas aux partisans d’un rejet sans compromis, font espérer l’émergence d’un vrai débat."

Ceci signifie que, pour vous, les opposants aux OGM sont seuls responsables de l'absence de débat.

Ceux qui ont fait passer la prétendue "équivalence en substance", qui ont fait un lobbying très bien financé auprès des politiques, des associations etc. ET QUI CONTINUENT A TENTER DE MANIPULER LE CHAMP MEDIATIQUE(*), eux, sont évidemment prêts à la discussion ouverte, y compris sur leurs brevets et leurs "secrets de fabrication"...
La circulation " Monsanto <> FDA " aux Etats-Unis est un modèle à appliquer, sur le plan "débat ouvert" ?

J'ai bien compris ?

Et oui: c'est la faute aux opposants. Ces teignes qui voudraient, par exemple, nous faire revenir aux carottes bio, un peu tordues mais bien chargées en vitamines, au lieu des carottes industrielles gorgées de flotte et dépourvues de toute qualité nutritionnelle parce que poussées dans des sols quasi-morts.

Au-delà, les OGM font AUSSI se poser des questions sur le fonctionnement de l'agro-industrie, sur les relations ECONOMIQUES et POLITIQUES, des relations de pouvoir, sur, excusez du peu, le contrôle de notre nourriture.
L'actionnaire veut toucher une commission sur chaque grain de blé. Le paradis capitaliste. Quel PIED.

Pour ce qui est de l'acceptation générale, disons qu'il s'agit du principe de la grenouille dans l'eau chaude. On monte doucement la température.

En l'occurence, on invente de nouvelles opérations marketing type "riz doré," tout-à-fait inutile pour peu que l'on organise l'agriculture locale de façon raisonnable(**).
Le riz doré est un gadget, destiné, en plus de l'aspect publicitaire, à rassurer les tripoteurs d'ADN, qui ainsi peuvent se parer des atributs de sauveur de l'humanité. Vous êtes malade? Voici la pillule Miracle! Vous manquez de vitamine? voici le riz Miracle.

Stupide... alors que des méthodes simplement agricoles, MOINS COMPLEXES et MOINS RISQUEES, existent déjà. Seulement pour ça, il faut avoir une vision plus large que celle de la fenêtre de son labo de biotech saturé de dollars.

Ce bain médiatique mou habitue le troupeau, le conduit à faire passer ça, avec le reste, nanobidules et iTrucs compris.

M.D.

(*) votre article y cointribuant.
(**) ce qui devient quasi impossible lorsque l'on se trouve soumis, comme souvent ces pays, aux commandements ultra-libéraux du FMI et de la Banque Mondiale, qui interdisent l'interventionnisme étatique (sauf aux pays riches) pour laisser le champ (sic) libre aux méga entreprises... occidentales.