L’acide carminique est aussi produit par d’autres insectes que le Dactylopius coccus. Mentionnons le Kermes vermilio, originaire du pourtour méditerranéen et présent sur le chêne pourpre. Depuis l’Antiquité, le colorant extrait de l’insecte sert à la teinture de vêtements, notamment pour la composition du pourpre utilisé dans la confection d’habits ecclésiastiques.

Ce qui nous amène à notre histoire des deux portraits du Pape Léon X, reproduits ci-contre.

Grand amateur d’art, le prince Ottaviano de Médicis (1484–1546) avait commandé au peintre Raphaël un portrait de son cousin, le pape Léon X. Le peintre s’exécuta, utilisant pour les habits du pape et des deux cardinaux qui l’entoure, le rouge vermillon, soit le colorant produit à partir du Kermes vermilio. Très satisfait du travail de l’artiste, Ottaviano de Médicis accorda au tableau une place d’honneur dans son palais de Florence. Mal lui en pris, car un jour, son ami, le duc de Mantua, lui rendit visite et remarquant le tableau, demanda à Ottaviano de Médicis de le lui offrir. N’osant pas désobliger son invité, mais ne voulant pas se départir de son tableau préféré, Ottaviano de Médicis demanda au peintre Andréa del Sarto d’en faire une copie, qu’il offrit par la suite au duc de Mantua. Voilà pourquoi il existe aujourd’hui deux tableaux du pape Léon X; l’un à Naples, l’autre à Florence. Les Napolitains sont convaincus de posséder l’original; une croyance que partagent également les Florentins. Quant à Ottaviano de Médicis, peut-être en récompense d’avoir fait peindre non pas un, mais deux tableaux du pape Léon X, il eut la satisfaction de voir son fils Alessandro élu pape, sous le nom de Léon XI.

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