L’âge des plus anciens bijoux vient de reculer de 25 000ans –et avec lui, l’âge du symbolisme, de l’esprit abstrait, bref d’une partie de ce que nous appelons l’intelligence.

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Car un bijou est davantage qu’un objet. C’est un symbole pour celui qui le porte. Symbole de pouvoir, de beauté, de richesse, de fierté, de force? Peu importe: le seul fait de vouloir afficher un sentiment, une idée, un concept, signifie une pensée complexe, une réflexion, une intention. Et ça, pour des gens qui vivaient il y a 100 000 ans, ce sont d’immenses pas en avant: des pas vers le langage et l’art.

Dans l’édition du 23 juin de la revue Science (article réservé aux abonnés), des archéologues affirment en effet avoir daté de 100 000 ans des coquillages trouvés en Israël et en Algérie et percés de petits trous qui leur pemettaient d’être accrochés sur une ficelle, autour du cou ou du bras. Le précédent record était de 75 000 ans pour des coquillages similaires trouvés en Afrique du Sud.

Certains archéologues sont sceptiques: ils font valoir que l’argument du petit trou, même s’il a de toute évidence été percé volontairement, est mince. De plus, "l’explosion du symbolisme" –des dessins dans des cavernes et les plus anciennes figurines connues– n’apparaît en Europe que 60 000 ans plus tard.

Contre-argument: il reste peut-être bien des choses à (re)découvrir: ainsi, les chercheurs dont il est question ici, Marian Vanhaeren du Collège universitaire de Londres et Francesco d’Errico du Conseil national de la recherche scientifique à Talence (France) ont travaillé sur des coquillages découverts en Israël et en Algérie dans les années 1930 et 1940... et entreposés dans des musées depuis.

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