L’hypersensibilité est un « groupe d’états pathologiques chroniques complexe et souvent mal compris » qui vient d’être reconnu par une politique adoptée par la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP). « Les personnes hypersensibles ont des réactions indésirables à des agents environnementaux courants dans le cadre bâti, ce qui comprend les champs électromagnétiques et les produits chimiques qui se trouvent dans les matériaux de construction, le mobilier, les produits de nettoyage et de reprographie, les parfums et les pesticides », explique un rapport sur l’aspect juridique des hypersensibilités publié par la Commission.
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Madame Leimsner éprouve notamment une fatigue extrême, des maux de tête, des bourdonnements dans les oreilles et autres problèmes neurologiques lorsqu’elle est exposée à certains polluants.
La goutte qui fait déborder le vase
En 2003, 12,6 % des Américains disaient être hypersensibles et 1,8 % avoir perdu leur emploi à cause de cette condition. Les résultats de ce sondage sont parus dans Environmental Health Perspectives, une prestigieuse revue médicale publiée par le ministère fédéral américain de la santé.
Au Canada, peu d’employeurs savent qu’ils ont l’obligation légale d’accommoder les hypersensibles. « Cet état pathologique constitue une déficience et ceux qui en souffrent ont le droit d’être protégés en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne, qui interdit toute forme de discrimination fondée sur une déficience », affirme la Commission canadienne des droits de la personne. « Comme pour les autres types de déficience, les personnes hypersensibles à l’environnement ont droit à des mesures d’adaptation en vertu de la loi. »
Certains médecins croient encore que l’hypersensibilité est d’origine psychosomatique. « Il n’y a pas de preuve objective que c’est le cas, bien que cela fasse l’affaire de certains employeurs et assureurs, explique le Dr Lynn Marshall, codirectrice du comité de santé environnementale du collège ontarien des médecins de famille. Il est significatif que la Commission des droits de la personne reconnaisse que la prépondérance de la preuve est telle que cette condition doit être reconnue par une politique nationale.
Des changements bénéfiques
Le médecin de Mme Leimsner, le Dr Ross Mickelson, avait recommandé qu’elle bénéficie d’un bureau fermé doté d’un purificateur d’air et situé loin de sources de pollution tels les photocopieurs. Le personnel d’entretien de son immeuble utilise désormais une foule de produits sans odeur, allant du nettoyant à plancher au savon à main, en passant par la peinture et le tapis. « Désormais, je peux me concentrer sur mon travail et non ma santé », dit Mme Leimsner.
Son patron, le directeur des communications de la Société canadienne des postes, souligne que les mentalités ont évolué. « Tout le monde reconnaît la valeur d’avoir des employés protégés contre la pollution. J’ai moi-même une petite fille allergique et plusieurs de nos employés ont des allergies graves. Ça n’a pas été facile d’accommoder Barbara, mais si ce n’était pas impossible. Il était important qu’elle se sente partie de notre équipe. »





