Le Web 2.0 fait une nouvelle victime : les « célèbres » cours de physique du Massachusetts Institute of Technology.

C’était une des plus vieilles traditions de cette vénérable institution de Boston : un grand amphithéâtre sans fenêtres, accueillant jusqu’à 300 étudiants « prenant anxieusement des notes » tandis qu’une célébrité de la science remplissait les tableaux noirs et donnait un cours d’introduction à quelque principe de la physique.

Mais voilà que le M.I.T., s’inscrivant dans un courant international qui en appelle à un enseignement plus convivial des sciences, a remplacé cette vieille rencontre par des classes plus intimes, et surtout plus « participatives » et « collaboratives ». Un peu du Web 2.0, quoi.

Là-bas, on appelle ça le TEAL ou Technology Enhanced Active Learning (Enseignement actif assisté par la technologie). Le M.I.T. proclame une réduction du taux de décrochage de 50%.

Le New York Times précise que le changement a été implanté de manière permanente l’automne dernier, après des années passées à l’expérimenter, mais surtout après des années marquées par une résistance des... étudiants!

Le M.I.T. n’est que le dernier d’une série d’institutions à avoir fait ce virage. L’Université d’État de Caroline du Nord (dans le « Triangle Park », l’un des lieux majeurs de la recherche aux États-Unis), l’Université du Maryland et l’Université Harvard de Boston, voient également, désormais, leurs physiciens appliquer en classe des résultats de recherche qui ont démontré dans le passé que les étudiants retenaient mieux des concepts fondamentaux si l’enseignement se faisait dans un contexte interactif et collaboratif.

Concrètement : au lieu des vieux amphithéâtres, on a des salles high-tech, où des étudiants sont assis autour de tables rondes (comme sur la photo ci-haut) équipées d’ordinateurs en réseau. Au lieu des tableaux noirs à l’avant, les murs sont couverts de tableaux blancs (ceux sur lesquels on écrit avec des crayons-marqueurs) et d’écrans. Au lieu d’un enseignement formel d’une heure, quelques principes généraux, présentés de manière à encourager ensuite les étudiants à y travailler en petits groupes.

« De la même façon que vous ne pouvez pas devenir un coureur de marathon en regardant des marathons à la télé, en science, vous devez apprendre à penser d’une certaine façon, et non pas juste regarder votre prof le faire », résume, dans le Times, Eric Mazur, physicien à Harvard et pionnier de cette approche.

L’article cite également un Nobel de physique, Carl Wieman, qui dirige une initiative d’enseignement des sciences à l’Université de Colombie-Britannique et qui écrivait l’an dernier dans la revue d’éducation Change, que le cerveau humain « peut retenir un maximum de sept items différents dans sa mémoire à court terme, et ne peut pas travailler plus de quatre idées à la fois ». Or, ce qu’on demande aux étudiants en physique dans ces cours traditionnels d’une heure « était beaucoup plus élevé ».