La bombe atomique nord-coréenne pourrait avoir des retombées... positives. La dernière fois, les experts avaient longuement hésité avant de pouvoir confirmer qu’une bombe avait bel et bien explosé, et encore, une toute petite. Cette fois, pas d’hésitation. Qu’est-ce qui a changé entretemps?

Il y a que les ingénieurs nord-coréens ont certainement appris de leurs erreurs et fabriqué, pour notre malheur et pour le leur, une bombe atomique plus puissante. Mais il y a surtout un réseau de détecteurs qui est entré en force —et ça, c’est une mauvaise nouvelle pour les pays qui rêvent de mener des expériences atomiques en cachette.

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En 2006, 22 de ces sismographes avaient détecté l’explosion de la première bombe atomique nord-coréenne. Cette fois, ils sont 39, et le réseau a pu pointer le lieu précis de l’explosion « à quelques kilomètres du site de 2006 ».

Ces sismographes sont installés dans le cadre du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (Comprehensive Test Ban Treaty). Celui-ci remonte à 1996, il a été ratifié par plus de 140 pays... mais toujours pas par les États-Unis. Or, ces derniers, avec la Chine et l’Iran, font partie d’un groupe de 35 pays détenteurs de réacteurs nucléaires, dont la signature est indispensable pour l’entrée en vigueur du traité.

Le réseau de sismographes, en démontrant son efficacité cette semaine, pourrait du coup démontrer aux sceptiques que le Traité, après tout, peut bel et bien servir à quelque chose.

Quant au « signal » émanant de l’explosion nord-coréenne, il ressemble d’abord au signal typique d’un tremblement de terre —mais par recoupements, dès lundi matin, 25 mai, avant même l’annonce officielle des Nord-Coréens, les experts se doutaient que ce n’était pas un tremblement de terre normal.

Les estimations des sismographes japonais, américains, et du réseau du Traité, varient entre des magnitudes de 4,5 et 5,3 sur l’échelle de Richter, ce qui correspondrait à une bombe de quelques kilotonnes. Le sismologue américain Paul Richards l’estime à 3 kilotonnes. En comparaison, celle de 2006, qui avait été considérée un échec, ne faisait que 0,6 kilotonne —et celle d’Hiroshima, en 1945, faisait 15 kilotonnes.

Et maintenant?

Une fois ces preuves scientifiques rassemblées, la tâche politique des négociateurs n’en est pas plus facile pour autant. La Corée du Nord n’a pas essayé de cacher son essai nucléaire, au contraire, elle veut que tout le monde en parle. Comme l’écrit cet expert américain du désarmement, http://www.huffingtonpost.com/eric-c-anderson/enough-of-north-korea_b_207625.html « nous sommes très bons pour compter toutes les troupes, les avions, et les armes de destruction massive que le Nord possède... Mais très mauvais pour comprendre le système politique avec lequel Washington veut dialoguer. »

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