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El Niño, qu’il soit « super » ou non, pourrait commencer au mois de mai. À quelles conséquences faut-il s’attendre s’il devait s’agir d’un phénomème plus puissant que la moyenne?

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Ces dernières semaines, les modèles météorologiques ont convergé pour prédire non seulement une année El Niño, mais surtout, un El Niño « fort », voire « très fort ». Or, si on connaît les grandes lignes d’une année El Niño —plus de précipitations dans les parties côtières de l’ouest des Amériques, de la Corne de l’Afrique et de la Chine, plus de canicules et de sécheresses en Australie, en Asie du Sud-Est et dans l’Amazonie— ces conséquences ne sont pas nécessairement exacerbées lors d’un El Niño « très fort ». Elles sont juste plus imprévisibles.

« Les choses sont perturbées », explique dans le New Scientist le chercheur Tim Stockdale, du programme européen ECMWF (European Centre for Medium-Range Weather Forecasts). Ce n’est pas nécessairement que les tempêtes sont plus violentes, « c’est juste qu’elles se produisent dans des endroits qui n’en ont généralement pas ». 

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Le ECMWF attribue pour l’instant 50% de chances à « une anomalie atteignant les 2,5 degrés Celsius en octobre. Ce qui serait beaucoup: normalement, un El Niño « faible » commence lorsque les températures de surface du centre du Pacifique atteignent 0,5 degré au-dessus de la moyenne. Si elles atteignent 2 degrés, on parle d’un El Niño « très fort » ou « super El Niño ». Ce fut le cas en 1982-83, 1997-98 et 2015-16 —et toutes ces instances ont contribué à de nouveaux records de température pour la moyenne globale de la planète.

Dans tous les cas, un El Niño plus fort augmente les risques de feux de forêt. Et il perturbe la production agricole, au point où des études ont suggéré que dans les siècles passés, El Niño aurait pu être responsable de famines en Europe. Enfin, il y a un effet amplificateur: des températures plus élevées signifient davantage d’évaporation du sol, ce qui amplifie les effets d’une sécheresse. Le réchauffement climatique pourrait donc amplifier les effets amplificateurs d’un El Niño « fort ». 

Dans une mise à jour publiée le  21 avril, l’Organisation météorologique mondiale prédisait que le phénomène se mettrait progressivement en place entre mai et juillet, et qu’on pouvait dès lors parler d’un phénomène « fort ». Quelques semaines plus tôt, l’agence américaine des océans (NOAA) voyait le phénomène poursuivre sur sa lancée pendant l’été et l’automne, avec 25% de chances qu’il devienne « très fort » en novembre. 

Qu’en sera-t-il dans les décennies à venir? Les météorologues débattent de la possibilité que les phénomènes El Niño reviennent désormais plus souvent qu’il y a 50 à 60 ans. Mais est-ce que ça implique nécessairement plus de « super » El Niño, les experts hésitent à trancher, faute d’avoir le recul historique nécessaire. La logique dicterait toutefois que le réchauffement climatique « nourrit » ce phénomène. 

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