Au cours des dernières années, le mot clonage est régulièrement apparu dans les grands titres de la presse mondiale: en 1997 la brebis Dolly était le premier mammifère cloné; en 2003 Raël affirmait avoir réussi à cloner le bébé Ève, et plus récemment des chercheurs Coréens annonçaient avoir obtenu un embryon humain par clonage. Lorsque l'on parle de génétique, le sujet est incontournable.  

 

Qu'est-ce que le clonage? Le clonage est la reproduction de molécule d'ADN, de cellule ou d'organisme vivant (humain, animal, végétal) dont l'information génétique sera identique à l'original. C'est une des nombreuses applications découlant des connaissances acquises sur la génétique et le génome. Le fait que deux organismes détiennent un bagage génétique identique, fait d'eux des clones. Mais attention, comme le mentionnait le dernier blogue les gènes ne contrôlent pas tout, l'environnement joue un rôle, ainsi le clone ne sera pas nécessairement une copie conforme de l'original.

 

Quel type de clonage est effectué ? D'abord, sachez que le clonage est pour certain une technique de routine, il est effectué chaque jour dans les laboratoires : on clone des séquences d'ADN, des cellules, des bactéries ou virus afin de réaliser toutes sortes de manipulations. Comme déjà mentionné, le clonage peut également être un phénomène naturel dans la reproduction, comme avec les jumeaux identiques.

 

Le clonage animal ou humain peut s'effectuer par deux techniques. D'abord, par la séparation des premières cellules d'un organisme, elles se multiplient dès les premiers jours suivant la conception. Ces cellules, dites totipotentes, sont aptes à se développer en un organisme complet. Ce procédé peut se faire par une intervention humaine mais peut également se réaliser naturellement, comme dans le cas de jumeaux identiques.

La seconde technique de clonage s'effectue en laboratoire : un noyau de cellule somatique (n'importe quelle cellule du corps, sauf les sexuelles), provenant de l'organisme à cloner, est prélevé pour être introduit dans un ovule. Cet ovule dont le noyau a été préalablement retiré a le potentiel de se multiplier et de se différencier produisant des cellules avec l'information génétique désirée.

 

Cependant, les deux types de clonage humain qui suscitent bien des débats au niveau international sont le clonage reproductif et le clonage thérapeutique. Ces deux types se distinguent par la finalité de la technique. Le premier vise à recréer un être entier, tandis que l'autre a une visée thérapeutique, comme son nom l'indique. Dans le cas du clonage reproductif, le clone aura un développement pareil à tout être humain : il commencera par être un embryon, puis un bébé, un enfant jusqu'à ce qu'il devienne adulte. Il ne sera donc pas du même âge que son original! Dans le cas du clonage thérapeutique, les cellules souches qui constituent l'embryon en développement peuvent être utilisées comme traitement. On retrouve ces cellules chez l'embryon ou encore dans certains tissus chez l'adulte. Les cellules souches sont des cellules indifférenciées, c'est à dire qu'elles n'ont pas encore de fonction précise mais se spécialiseront au cours de leur développement, par exemple en cellule du foie ou du cœur. Elles peuvent de cette façon servir à remplacer les cellules malades d'un organe, par exemple pour une personne en attente de greffe. Ce qui suscite beaucoup d'espoir avec cette possibilité est que la personne recevant des cellules clonées avec sa propre information génétique n'est pas exposée au risque du rejet.

 

Par contre, toutes ces recherches ou applications préoccupent un grand nombre de gens principalement à cause des problèmes éthiques que soulève la manipulation d'embryons humains. En effet, de nombreuses organisations internationales se sont positionnées contre le clonage à des fins de reproduction (Association Médicale Mondiale, UNESCO, Organisation Mondiale de la Santé, …). Au Canada, une loi du Parlement fédéral adoptée en 2004 interdit les recherches utilisant toute forme de clonage qui vise la création d'embryon humain. D'autres pays ont choisi une autre direction, chaque pays étant libre d'imposer son propre encadrement juridique. Par exemple, La Presse annonçait en février 2004 « Un embryon produit par clonage »  par des chercheurs Coréens. Tout comme la Corée du Sud, d'autres pays peuvent également suivre le pas et continuer leurs recherches sur les embryons humains. Pendant ce temps, les recherches allant dans ce sens sont interrompues à d'autres endroits, comme ici.

 

Quelles pourraient être les conséquences de ces prises de position différentes entre les pays ? Dans un avenir pas si lointain, les gens d'ici pourraient-ils décider d'aller se faire soigner ailleurs où des techniques de clonage sont permises ? Dans le même sens, des chercheurs pourraient-il être tentés de quitter le pays afin d'avoir le droit de poursuivre des recherches permises ailleurs ? Des balises contraignantes devraient-elles être adoptées au niveau international?

 

Quel est votre avis ? Qu'en pensez-vous ?

 

 

 

Céline Durand

Hubert Doucet

Isabelle Ganache

Marianne Dion-Labrie

Groupe de recherche en bioéthique de l'Université de Montréal