Par Julien Rossignol

Fermez les yeux et imaginez-vous sur une planète couverte de glace. En l’observant de plus près, vous remarquez qu’elle émet un fin halo bleuté. Ce décor n’est pas celui du prochain film de Star Wars, mais plutôt celui d’Europa, l’une des lunes de Jupiter, selon les simulations publiées cette semaine par Murthy Gudipati, chercheur à la NASA.  

Europa est particulièrement étudiée par les astronomes parce que des théories suggèrent la présence d’un océan souterrain qui pourrait contenir des formes de vie extraterrestres. Pour valider cette hypothèse, les scientifiques de la NASA aimeraient obtenir plus d’informations sur la composition chimique de la surface d’Europa. Pour ce faire, Murthy Gudipati et son équipe proposent de regarder la lumière émise par les glaces du satellite. En fonction des sels qui sont présents dans ces glaces, elles brilleraient dans le noir en émettant de la lumière pouvant aller du bleu jusqu’au vert.

Ce n’est pas la présence de ces sels qui font briller la glace, c’est plutôt le bombardement constant de la surface d’Europa par des électrons causé par le champ magnétique de Jupiter qui vient causer ce phénomène. En interagissant avec les sels présents dans la glace, les électrons leur transfèrent une portion de leur énergie ce qui les place dans un état d’excitation. Lorsqu’ils reviennent au repos, les sels émettent de la lumière et chaque type de sel à sa propre signature ce qui permet de l’identifier.

Ce phénomène de scintillation est bien connu des scientifiques qui l’utilisent depuis des années pour faire des détecteurs de particules, par exemple pour l’imagerie médicale. La collaboration IceCube utilise d’ailleurs ce principe pour observer des particules provenant du Soleil en transformant les glaces de l’Antarctique en un gigantesque détecteur d’un kilomètre cube.

Crédits photo: NASA/JPL-Caltech https://www.jpl.nasa.gov/spaceimages/details.php?id=PIA24028