D'un côté, les atomes: dans les années 1950, on a reconnu qu'ils constituaient la mesure la plus fiable pour le calcul du temps, ce qui a conduit à l'adoption du temps atomique international en 1967. Une seconde est définie désormais comme 9 192 631 770 périodes de la radiation entre deux niveaux de l'état fondamental de l'atome de césium 133. Quoi que cela puisse vouloir dire, ne vous en faites pas: l'important, c'est que ça ne change pas. C'est une donnée universelle.
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De l'autre côté, notre planète. Elle, malheureusement, elle n'est pas une donnée universelle. Elle ralentit. À cause notamment de la Lune, la Terre tourne moins vite. Résultat, une journée "terrestre" s'éloigne d'une journée "atomique": depuis 1967, le temps atomique a pris 33 secondes d'avance sur le temps terrestre.
C'est la raison pour laquelle, en 1972, les pays membres de l'UIT, l'Union internationale des télécommunications décident d'ajouter une seconde intercalaire chaque fois que l'écart entre le temps atomique et le temps terrestre est supérieur à 0,9 seconde. Et voilà pourquoi cela a dû être refait 23 fois depuis 1972.
Mais c'est là que surgit le débat. Une seconde intercalaire, cela veut dire qu'il faut ajuster une foule de bidules pour qui une seconde, c'est énorme: les satellites de positionnement (GPS et le futur Galileo), les services de télécommunication, boursiers, et informatiques. Certains de ces systèmes s'appuient sur un temps universel... tel qu'il était il y a 10 ans ou 20 ans. Donc, à mesure que les années passent, et que l'écart entre les deux temps s'allonge, les opposants à l'ajout d'une autre seconde intercalaire sont plus nombreux.
La délégation américaine à l'UIT a proposé que l'on cesse d'ajouter des secondes intercalaires et que l'on ajoute plutôt une heure intercalaire, le jour où l'écart entre les atomes et la Terre atteindra 59 minutes. Ce qui reviendrait à pelleter le problème dans la cour de nos descendants, dans un millier d'années...





