Parmi les coupes en science du gouvernement Trump, la dernière en lice est le démantèlement d’un réseau de surveillance des océans. Un système qui a permis depuis 10 ans d‘accumuler des données sur le réchauffement climatique —ce qui explique peut-être son démantèlement— mais dont les tâches ratissent en fait beaucoup plus large.
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Appelé Ocean Observatories Initiative, il s’agit d’un réseau de plus de 900 stations d’observation automatiques accrochées au fond marin, dans le Pacifique et l’Atlantique, au large des côtes de l’Alaska et du nord-ouest d’un côté, et des côtes de la Caroline du nord de l’autre, en plus d’une région située entre le Groenland et l’Islande.
Les données récoltées dans cette dernière région, qui font partie d’une collaboration internationale, sont essentielles à la compréhension des changements en cours dans la « boucle » marine de l’Atlantique nord (Atlantic Meridional Overturning Circulation, ou AMOC), ce fameux courant sous-marin dont on craint le ralentissement, voire l’interruption, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur la météo des deux côtés de l’Atlantique.
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La National Science Foundation (NSF), l’un des principaux organismes subventionnaires de la recherche aux États-Unis, finance ce programme, qui a coûté 48 millions$ dans la dernière année et qui aurait dû continuer d‘opérer jusqu’en 2040. L’annonce a fait l’objet d’une notice de trois paragraphs le 21 mai. Un porte-parole de la NSF a confirmé le 1er juin au New York Times, l’interruption du programme, alléguant que cette décision « est en ligne avec la stratégie plus large de la NSF » de « faire évoluer les priorités scientifiques et les technologies émergentes ».
Le démantèlement du programme « pousse à nouveau les États-Unis vers le siège arrière en terme de leadership scientifique international », réplique plutôt Craig McLean, qui avait été le scientifique en chef de l’agence des océans et de l’atmosphère (NOAA) sous le premier gouvernement Trump.
Outre la température, les données récoltées ont servi depuis 10 ans à mieux comprendre, entre autres, comment les océans absorbent les gaz à effet de serre, comment les canicules affectent les pêcheries et comment raffiner les prévisions de risques d’inondations sur la côte.
C’est en plus du fait que de récolter ces données à distance coûte moins cher que d’organiser des expéditions scientifiques en mer chaque été.
Chaque station d’observation est elle-même composée de plusieurs instruments connectés les uns aux autres. Ceux-ci sont renforcés pour résister à la pression en eau profonde, ainsi qu’à la corrosion par l’eau de mer. Le météorologiste marin Jim Edson, qui a dirigé le programme, l’a décrit à la fin-mai comme le système d’observation des océans « le plus avancé » du monde. Une telle infrastructure serait impossible à mettre en place par un centre de recherche ou un groupe de chercheurs, déplore la biogéochimiste Hilary Palevsky, du Collège de Boston.
La NSF annonce qu’elle enverra des navires en juin pour commencer à retirer les stations. L’opération complète pourrait prendre 15 mois, selon Edson.




