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Les émissions sous-estimées seraient celles de méthane, plutôt que celles de dioxyde de carbone. Ainsi, selon Peter Bergamaschi, du Centre de recherché conjoint de la Commission européenne, la Grande-Bretagne serait le pire élève, ayant émis 92% plus de méthane que ce quelle déclare en vertu du Protocole de Kyoto; et la France suivrait, avec 47% de plus.
En chiffres bruts: la Grande-Bretagne aurait émis 4,21 millions de tonnes de méthane en 2004, plutôt que 2,19 millions de tonnes. La France en aurait émis 4,43 millions de tonnes, plutôt que 3,01 millions.
En vertu du Protocole de Kyoto, chaque pays doit calculer ses émissions de dioxyde de carbone, de méthane et doxyde nitrique. Les estimations faites par les gouvernements ont été assez bien acceptées jusqu'ici par les scientifiques, selon le New Scientist , bien quelles naient jamais fait lobjet dévaluations indépendantes. Une lacune à laquelle ont tenté de pallier deux équipes, celle de Pergamaschi et celle de Euan Nisbet, de lUniversité royale Holloway de Londres. Ces deux chercheurs réclament d'ailleurs la mise en place d'un système de vérification indépendant.
Ces chercheurs prétendent évidemment que leur méthode est plus complète, parce quelle tient compte de plus de variables, mais comment le démontrer? Réponse: on ne le peut pas, personne ne pouvant calculer lensemble de ce qui sort des usines, des automobiles, des sites denfouissement, en plus des sources naturelles et sur une année complète de surcroît, pour tenir compte des variations saisonnières. Mais depuis 2004, lAllemagne a réévalué à la hausse de 70% ses estimations démissions de méthane, les plaçant du coup presque au même niveau que lévaluation des scientifiques.
Ces derniers ne se sont penchés que sur lEurope, mais affirment que le problème est planétaire. La Chine, on le sait, est un problème alarmant, à la vitesse où augmente le niveau de vie de ses habitants et leur parc automobile. Elle est déjà le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre, derrière les Etats-Unis.
Or, à lheure où de largent est en jeu, puisquon peut désormais "vendre" ses émissions de gaz à effet de serre sur la "bourse du carbone" ou être obligé de payer pour ses surplus, le risque de fraude est accru: un pays a maintenant de bonnes raisons de continuer à sous-estimer ses émissions. Doù limportance dun système de vérification indépendant.




