À l’encontre du cliché du scientifique dans sa tour d’ivoire, ils sont, aux États-Unis, de plus en plus nombreux à être poussés à communiquer par leurs institutions. Ils doivent s’impliquer autrement que par leurs cours et, dans certains cas, ça veut dire s’engager dans les débats publics.

Josée Nadia Drouin revient de Chicago, où elle a assisté au congrès annuel de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS), un rendez-vous de milliers de scientifiques et de communicateurs, qui a deux particularités: en plus d’être une occasion pour des chercheurs d’entendre parler des travaux menés dans d’autres disciplines que la leur, c’est aussi un lieu où plusieurs viennent apprendre sur l’art de communiquer plus efficacement leurs résultats, comment se vendre aux bailleurs de fonds, négocier une offre d’emploi... et apprendre à utiliser les réseaux sociaux!

Elle nous parle notamment d’un atelier animé par quatre journalistes chevronnés, dont Carl Zimmer (New York Times, Discover, etc.), pour qui la communication scientifique est en pleine mutation, en raison des médias sociaux.

Pour appuyer ses propos, Zimmer est revenu sur l’exemple de Stephen Hawking, qui a récemment publié un article sur le site ArXiv à propos d'une remise en question des trous noirs. Arxiv est un serveur où sont publiées les recherches scientifique avant leur publication dite « officielle » dans une revue savante. Donc, pas de révision par les pairs.

Selon Carl Zimmer, le fait de commencer à publier directement en ligne change la donne pour les journalistes et pour les relationnistes. Ils vont apprendre indirectement l’existence de ces études, parce qu’elles ne sont pas nécessairement publicisées par les traditionnelles équipes de relations publiques des institutions. Ça va créer des discussions sur le web, plutôt que dans les congrès, auxquelles le grand public aura lui aussi accès: on oublie le scoop, ici. Et les journalistes devront s’assurer, s’ils publient un article sur cette étude, que les informations sont justes, parce qu’il n’y a plus de révision par les pairs.

Par ailleurs, puisqu'on parle de communication: que pensez-vous de l'idée d'utiliser l'impro pour vulgariser la science?

Notre invitée :

Josée Nadia Drouin, journaliste et directrice de l’Agence Science-Presse.

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13h30, sur les six stations régionales de Radio Ville-Marie. Elle est animée par Isabelle Burgun et Pascal Lapointe. Vous pouvez également nous écouter le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal) et vous abonner sur iTunes. Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter.