Deux milliards de dollars: c’est la facture en hospitalisations que l’on pourrait imputer, aux États-Unis, à la désinformation autour des vaccins contre la COVID et ce, uniquement en 2021.
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C’est une approximation, admettent les quatre auteurs d’une nouvelle étude à ce sujet, puisqu’il est impossible de comparer avec certitude la réalité avec un scénario fictif dans lequel la désinformation n’aurait pas existé. Mais les chercheurs ont pu comparer entre États ou entre villes les proportions d’hésitants de la vaccination (à ne pas confondre avec le refus systématique de se faire vacciner); ils ont aussi pu s’appuyer pour cela sur des sondages réalisés pendant la COVID, où le niveau d’hésitation était mesuré par les réponses à des affirmations vraies ou fausses.
Les plus grosses factures imputables à la désinformation sont évidemment dans les États les plus peuplés (230 millions$ en Californie, 173 millions$ au Texas, 171 millions$ en Floride), mais les coûts plus élevés par personne apparaissent dans des États plus ruraux, entre autres parce que les distances à parcourir pour se faire soigner sont plus grandes.
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On connaît avec précision, aux États-Unis, le nombre de gens qui ont été hospitalisés ou qui sont décédés à cause de la COVID, et ces coûts ont été soigneusement comptabilisés pendant toute la pandémie.
Enfin, on peut comparer avec l’évolution dans les autres pays, à partir du moment où les vaccins ont commencé à être distribués. « Lorsque la vaccination est devenue largement disponible aux États-Unis en 2021, l’hésitation vaccinale était en diminution dans le monde, mais augmentait aux États-Unis », notent les auteurs.
Les quatre scientifiques de l’Université de Caroline du Nord qui ont procédé à cette analyse sont des chercheurs en amélioration de la pratique médicale. Leur étude est parue le 16 février dans la revue Health Affairs Scholars.
Chez leur voisin du nord, une étude du Conseil des académies canadiennes publiée en 2023 avait estimé que la désinformation au Canada avait coûté au moins 2800 vies et 300 millions$ en dépenses d’hospitalisation pendant neuf mois de l’année 2021. Là aussi, on s’était basé sur une comparaison entre vaccinés et non vaccinés.
Chose certaine, même si ces calculs sont approximatifs, plusieurs autres types d’études depuis 2021 ont permis de voir de nettes différences entre vaccinés et non-vaccinés: ces derniers ont été systématiquement plus nombreux parmi les gens hospitalisés ou décédés à cause de la COVID. Aux États-Unis, on a même pu voir se dégager, en 2021, un pourcentage des décès à cause de la COVID qui était plus élevé dans les comtés ayant voté pour Donald Trump en 2020. Et la désinformation était un facteur-clef de cet écart, avait-on constaté à l’époque: 94% des républicains croyaient à une des fausses affirmations sur la COVID qui leur étaient présentées (les vaccins rendent stériles, contiennent une micropuce, le nombre de morts est artificiellement gonflé, etc.), et 46% croyaient à au moins quatre de ces fausses affirmations, contre 14% des démocrates.





