À la suite du suicide d'une jeune enseignante universitaire en 2008, la France lance une enquête sur les dysfonctionnements du système de promotion universitaire, les conflits d'intérêts, les fraudes scientifiques, etc.

30 mars 2011- Communiqué de Valérie Pécresse, ministre du gouvernement français, responsable de la recherche scientifique

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a confié à la philosophe Claudine Tiercelin, professeur au Collège de France, une mission sur l'éthique et la déontologie universitaires. La ministre attend d'ici la rentrée des propositions visant à garantir éthique et transparence à toutes les étapes de la carrière des enseignants-chercheurs, qu'il s'agisse de leur recrutement et de leurs promotions, du fonctionnement des équipes dirigeantes, du problème du plagiat accru par l'usage d'Internet, ou encore des risques de conflit d'intérêts.

À l'origine, le suicide d'une enseignante en philosophie qui n'avait pas obtenu sa permanence. Voici la nouvelle de l'AFP à ce sujet:

Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur, a annoncé mercredi la création d'une Commission de déontologie pour le recrutement des universitaires, après le suicide en 2008 d'une enseignante qui venait d'apprendre sa non-titularisation à l'université de Brest. «Je souhaite que des procédures disciplinaires soient lancées par l'université et je mettrai en place une Commission déontologique», a déclaré Valérie Pécresse sur France Info. Début octobre 2008, Marie-Claude Lorne, maître de conférence stagiaire en philosophie, s'était suicidée à Paris. Elle avait expliqué ne pas supporter le fait d'avoir vu sa titularisation rejetée. «En enquêtant sur les circonstances de sa mort, nous nous sommes aperçus qu'il y avait eu toute une série de dysfonctionnements au sein de l'université», a ajouté Valérie Pécresse. «Il n'y avait eu que deux personnes pour se prononcer sur sa titularisation et on lui a opposé un motif profondément illégal qui était qu'elle n'habitait pas Brest», a-t-elle expliqué. Ces dysfonctionnements «engagent la responsabilité de l'Etat», a estimé Valérie Pécresse qui souhaite que l'enseignante «fasse l'objet d'une réhabilitation symbolique dans son droit à être titularisée». «La communauté universitaire doit se doter des règles qui lui permettront d'être irréprochable», a-t-elle ajouté. La Commission éthique et déontologique scientifique et universitaire sera présidée par la philosophe Claudine Tiercelin, professeur au Collège de France et présidente du comité de soutien à Marie-Claude Lorne. Elle visera «à garantir éthique et transparence à toutes les étapes de la carrière des enseignants-chercheurs qu'il s'agisse de leur recrutement et de leurs promotions», et sera chargée des questions du plagiat et des conflits d'intérêts, selon un communiqué du ministère.