Pleins feux! - Octobre 2011
Discutez avec nos experts: Martine Roberge, ethnologue
Les zombies, le diable, les rituels funéraires et autres constructions culturelles ayant la peur ou la mort comme moteur vous fascinent ou vous laissent perplexes? Vous avez des questions, des commentaires? Ça tombe bien: notre experte vous répondra... pendant une semaine!
- Ce billet fait partie de notre dossier Pleins feux! d'octobre: La science et la mort.
- Malgré la banalité du scénario des films de zombies, ceux-ci demeurent pourtant très populaires. La mort fascine et répugne à la fois, constate Martine Roberge dans La zombie-thérapie.
L'émotion ou le sentiment de peur sont inscrits dans la culture, dans le temps et dans l'espace. En dehors de ces variables, la peur n'existe pas. elle prend plusieurs formes, révèle des états diversifiés et porte sur des objets multiples; elle est en quelque sorte prise en charge par l'activité langagière et est tangible par son expression dans le discours.
Parmi tous les modes d'expression de la peur, les récits de tradition orale comme le conte, la légende, la rumeur sont un véhicule important de représentations reliées à cette émotion. Pour l'homme contemporain, le cinéma d'horreur constitue une autre forme de récit par lequel s'exprime le sentiment de peur... (L’art de faire peur: des récits légendaires aux films d’horreur, Martine Roberge)
Martine Roberge est professeure d’ethnologie au Département d’histoire de l’Université Laval. Ses travaux s’inscrivent dans le champ de l’oralité, spécifiquement des croyances et de l’imaginaire de la culture populaire (récits de peur et d’horreur), dans celui de la ritualité contemporaine (rites de passage et rites festifs) et celui de la patrimonialisation des fêtes et des festivals populaires.
Ses intérêts de recherche portent également sur l’historiographie des études ethnologiques, sur les archives orales ainsi que sur les questions liées aux méthodologies d’observation et d’entrevue, notamment l’éthique du travail d’ethnologue. Elle a entre autres publié Enquête orale: trousse du chercheur (1995), L’art de faire peur: des récits légendaires aux films d’horreur (2004) et De la rumeur à la légende urbaine (2009)
11 commentaires
|
par Martine Roberge
il y a 30 semaines
|
|
|
Cela a été agréable comme première expérience, même si je n'ai pas été beaucoup sollicitée. Ce sera pour une prochaine fois ! |
|
|
par Actualités
il y a 30 semaines
|
|
|
Aaaah... C'est une bonne habitude qu'on essaie de faire prendre à nos internautes. ;) Les gens sont encore un peu timides. Au plaisir! |
|
|
par Nathalie Guimond
il y a 30 semaines
|
|
|
Bonjour madame Roberge, j'aimerais que vous nous expliquiez un peu vos recherches actuelles. Sur quoi travaillez-vous en ce moment? Quel est le fil conducteur qui relie tous vos travaux? Il y en a toujours un, non? :) |
|
|
par Martine Roberge
il y a 30 semaines
|
|
|
Mes recherches portent sur trois axes : Vous avez dit « fil conducteur » ? |
|
|
par Nathalie Guimond
il y a 30 semaines
|
|
|
;) |
|
|
par Josée Nadia Drouin
il y a 31 semaines
|
|
|
Je me demande... Vous dites que le sentiment de peur s'inscrit entre autres dans la culture. Est-il incontournable ? A voir la popularité des films d'horreur par exemple, ce sentiment doit être utile, non ? |
|
|
par Martine Roberge
il y a 30 semaines
|
|
|
Le sentiment de peur me semble intrinsèque à la vie : humaine comme animale. À la différence que les humaines savent canaliser cette émotion. La première action est celle de dire, de raconter, d'exprimer ses peurs. Et c'est là qu'entrent en jeu les cultures... Nous inventons des explications, des causes à nos peurs et c,est ainsi que certaines explications prennent la forme de récits plus élaborés (mythe, légende, conte, rumeur, film). Ces formes sont essentiellement liées à la nature et à la culture, réelle ou imaginée. Tous ces récits jouent un rôle social, cathartique, de simulation. Stricto sensus, ces récits, films d'horreur et autres, ont aussi comme finalité, de nous aider à décrocher, le temps d'un film ou de lire un roman de terreur à la King, pendant quelques heures, de la vie réelle qui comporte son lot de stress. |
|
|
par Pascal Lapointe
il y a 31 semaines
|
|
|
Intéressantes connections. On a généralement tendance à parler de ces peurs au passé, quand on les associe à des rituels ou à des légendes. Mais le résumé nous rappelle qu’elles sont bien ancrées dans le présent. Avez-vous des exemples de peurs qui ont évolué avec le temps, qui correspondent bien à notre époque mais sont en réalité juste une adaptation (un « update »?) de peurs anciennes? |
|
|
par Martine Roberge
il y a 30 semaines
|
|
|
La peur du diable me semble un exemple tout désigné ! Bien sûr il a dansé avec Rose Latulippe dans de nombreux villages au Québec, mais il erre aussi dans les bars et discothèques très branchés des villes actuelles. Il vous invite à danser jeune fille, jeune gens... mais surtout ne laissez pas votre verre sans surveillance ! La peur de l'étranger est aussi omniprésente dans l'histoire, d'hier à aujourd'hui; seulement l'étranger n'est pas toujours celui qui vient de loin ou qui est d'une autre culture; votre voisin, à qui vous ne parlez jamais, est cet étranger. La peur de mourir, la peur des morts transcendent les cultures. Quelle différence entre la peste et le cancer ? Aucune. La peur est une émotion qui canalise ce que l'homme ne peut expliquer et pour lequel il cherche des causes, des raisons; à la différence de l'angoisse ou de l'anxiété. Je crois que la plus grande peur du 21e siècle est celle de la maladie mentale ou de la folie. |
|
|
par Actualités
il y a 31 semaines
|
|
|
La parole est à vous! |
|






Madame Roberge, ce fut un plaisir de vous lire. Bonne chance avec vos beaux projets et merci d'avoir participé à cette expérience avec nous. :)