Cependant, les chercheurs de l’Université Laval viennent de découvrir qu’une protéine, la GSK3, semble jouer un grand rôle dans ce processus physiologique. « La GSK3 joue un rôle clé dans la régulation de la sérotonine et donc dans les troubles de l’humeur », relève Jean-Martin Beaulieu, professeur à la faculté de médecine. Pour le démontrer, le chercheur du Centre de recherche Université Laval-Robert Giffard a utilisé des souris « dépressives ». Des souris qui produisent près de 80 % de moins de sérotonine et sont susceptibles d’adopter les comportements reliés à la dépression. Les résultats de ses travaux sont parus récemment dans Proceeding of the National Academy of Sciences.
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La sérotonine est un messager chimique du cerveau impliqué dans bon nombre de fonctions: sommeil, humeur et agressivité. Une baisse de sa production entraîne de grands changements au sein des divers récepteurs qu’elle alimente. En inhibant la GSK3, les chercheurs ont établi une corrélation avec la réduction des signes dépressifs. « Les souris affichaient une plus grosse tolérance au stress et moins d’abandon d’obstacles », explique Jean-Martin Beaulieu.
Vers de nouveaux antidépresseurs
Un problème rencontré par les médecins dans le traitement de la dépression : les antidépresseurs ne fonctionnent pas tous efficacement chez tous les patients. « Le traitement de la dépression s’avère très variable suivant la personne et sa physiologie », confirme le chercheur.
Même si le lithium — métal alcalin utilisé comme stabilisateur de l’humeur — agit remarquablement bien chez les trois quarts des patients maniaco-dépressifs, son fonctionnement reste mal connu. Il possède aussi des effets secondaires importants dont les chercheurs aimeraient se débarrasser. « Il s’accumule dans l’organisme et peut devenir toxique », explique Jean-Martin Beaulieu. Certains patients ne réagissent pas au lithium. Chez d’autres, les effets secondaires les poussent à abandonner leur médication. Un inhibateur ciblé de la GSK3 pourrait offrir une alternative intéressante au lithium.
Si les souris dépressives permettent de mieux comprendre les troubles de l’humeur chez l’homme, elles mettent à jour de nouvelles cibles pour améliorer l’efficacité du traitement de la dépression.





