Parti à 4h 41 du matin, le 25 juillet, de la région du Pas-de-Calais, en France, d’un endroit rebaptisé 30 ans plus tard Blériot-plage, Louis Blériot atterissait environ 35 minutes plus tard à Douvres, en Angleterre. Simple casque en cuir et lunettes sur le nez : même les adeptes de parapentes s’équipent plus sécuritairement aujourd’hui. Et pour s’orienter? Pas de boussole mais un... guide touristique.
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Simple concession pour l’époque : il portait un gilet de sauvetage. Il faut dire qu’aucun bateau ne le suivait, au cas où ça tournerait mal... et qu’il ne savait pas nager!
Cet ingénieur fanatique d’aéroplanes —comme l’étaient tous ceux qui osaient s’envoler sur ces machines volantes en 1909—, qui avait construit lui-même son « monoplan » —on ne disait pas encore « avion »— devint instantanément une vedette internationale. Des deux côtés de la Manche, les journaux étaient pour une fois unanimes à saluer la même chose : l’équivalent, pour l’époque, du premier homme à marcher sur la Lune. « L’Angleterre n’est plus une île », titre le Daily Mail.
Samedi dernier, un siècle jour pour jour après cet exploit, un autre Français, le pilote Edmond Salis, accomplissait la même traversée à bord d’une réplique de l’avion de Blériot. Plusieurs célébrations ont aussi lieu dans sa région natale, tout au long de l’été.
Techniquement, c’était le summum pour l’époque et pourtant, aujourd’hui, personne n’oserait. « Un avion? Une brouette avec des ailes, plutôt! », commente, admiratif, le journal Ouest-France. Les experts racontent aussi cette semaine que le moteur, un « Anzani tricylindrique de 25 chevaux », n’avait une durée de vie moyenne que d’une heure de vol!
Il faut dire que Blériot en avait vu d’autres : quelques jours plus tôt, il était parvenu à rester dans les airs pendant 50 minutes d’affilée... à 40 mètres du sol. Traverser la Manche? Bof...





