À travers les États-Unis, l’évolution de la pandémie sera sans doute très différente de ce qu’on peut observer en Europe: plutôt qu’une seule courbe à aplatir, ce sont plusieurs courbes, une par grande ville ou par région, qui risquent de se succéder tout au long du mois d’avril, et au-delà. 

Ces projections sont contenues dans un rapport de l’Institut des statistiques en santé de l’Université de l’État de Washington, publié le 25 mars. Et plusieurs reportages ont affirmé ces derniers jours que ce serait ce rapport qui aurait convaincu le président Trump, en fin de semaine, d’abandonner l’idée d’une levée du confinement dès le 12 avril, au profit —pour l’instant— du 30 avril. Selon ce document, si le confinement se poursuit tel quel jusqu’à la fin du mois, il n’y aura peut-être « que » 81 000 morts aux États-Unis d’ici cet été. Dans ce pays, le nombre de décès causés par le nouveau coronavirus a dépassé la barre des 1000 le 26 mars, et des 3000 le 31 mars. 

New York sera vraisemblablement la ville la plus durement touchée, avec un sommet du nombre de cas qui pourrait être atteint d’ici au 10 avril. Mais une dizaine d’autres États doivent s’attendre, d’ici le début du mois de mai, à un dépassement de plus de 50% de leurs capacités en lits dans les urgences et en respirateurs artificiels pour les cas plus critiques. 

L’étude de l’Université de Washington se risque aussi à des projections plus pessimistes: si les mesures de confinement ne sont pas efficaces, ou ne sont pas respectées, ou sont interrompues trop tôt, le nombre de morts, d’ici au mois de juillet, pourrait atteindre les 160 000. Une critique de leur analyse affichée ces derniers jours est que ces chercheurs n’ont pas tenu compte de la possibilité, encore incertaine, d’une seconde vague de l’épidémie, plus tard dans l’année.