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Il était inévitable que l’invasion de l’Ukraine se répercute dans l’espace. L’agence spatiale russe, Roscosmos, a retiré à la fin-février son personnel du centre spatial français de Guyane, et l’agence spatiale européenne a déclaré « très improbable » le lancement, prévu pour cette année, de la sonde martienne ExoMars.

Cette mission, qui inclut un véhicule roulant européen et un atterrisseur russe, devait en théorie partir l’automne prochain, à la recherche de traces de vies passées. Les « fenêtres » favorables aux lancements vers Mars ne s’ouvrent que tous les deux ans.

Quant à la station spatiale internationale, son sort reste incertain. Elle dépend, pour l’électricité, du module américain et pour son maintien en orbite, des moteurs du module russe. Depuis 2011, les Américains devaient aussi compter sur les fusées russes Soyouz pour envoyer leurs astronautes, mais la situation a changé en 2020 avec les premières fusées de la compagnie SpaceX. En fait, rapportait en décembre le New York Times, autant Russes qu’Américains ont récemment négocié avec SpaceX pour le transport de leurs futurs astronautes.

Ce n’est pas la première fois que les tensions internationales s’invitent en orbite: en 2014, après l’invasion de la Crimée —territoire ukrainien— la Russie avait tenté de transférer en Crimée le centre d’entraînement des astronautes —lieu de passage obligatoire pour tous les pays qui souhaitent envoyer un des leurs là-haut à bord d’une capsule Soyouz. La menace a cessé d’en être une avec l’arrivée de SpaceX, mais les sanctions internationales imposées à la Russie ces dernières semaines ont relancé les spéculations. Outre la mission martienne, des lancements de satellites ont déjà été suspendus.

Dans l’immédiat, deux astronautes russes et un Américain, Mark Vande Hei, doivent toujours revenir de la station spatiale le 30 mars, à bord de la même capsule Soyouz qui les a menés là-haut en 2021. Mark Vande Hei aura ainsi battu un record dans l’espace pour un Américain, avec 355 jours. Mais à plus long terme, la coopération en orbite dont la station spatiale internationale avait été le symbole le plus fort, semble être sur une pente descendante: la station internationale approche de la fin de sa vie utile, la station spatiale chinoise est en train d’être assemblée et les Américains en sont absents, tandis que le programme Artemis de retour vers la Lune se fait sans la Chine.