Un chihuahua a un avantage sur un berger allemand : il risque de vivre plus longtemps. Du moins, si on ne se fie qu’à sa corpulence. Et la cause serait du côté des « gènes sauteurs ».
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Les gènes sauteurs, appelés aussi transposons, sont des parties de l’ADN qui peuvent se répliquer ailleurs dans le génome. Chez les humains, 60% du génome serait composé de tels gènes.
Or, chez les chiens, il semblerait que ces gènes « sauteurs » puissent être associés à une espérance de vie plus courte chez les plus grosses races que chez les plus petites. C’est ce qu’on peut lire dans une étude parue le 8 octobre dans la revue Science, qui a comparé certains changements dans les gènes de 894 chiens représentant 120 races.
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On parle ici des changements dits « épigénétiques », c’est-à-dire tous les changements dans l’expression des gènes: cela veut dire que la séquence d’ADN reste telle quelle, mais que le changement en question peut déterminer comment une cellule utilisera, ou non, ces gènes. Beaucoup de recherches depuis 20 ans ont révélé toutes sortes de facteurs environnementaux et comportementaux —incluant le stress— qui peuvent être associés à des changements épigénétiques.
Mais il reste de grandes zones d’inconnues, et c’est là que s’inscrit cette recherche sur les chiens: certains de ces changements sont des marqueurs du vieillissement, mais on a du mal à comprendre pourquoi le chihuahua, qui peut vivre près de 20 ans, est avantagé sur le labrador ou le grand danois, qui dépasse rarement 10 ans. Les gros chiens tendent à accumuler ces changements à un rythme plus élevé que les petits. Les mâles les accumulent aussi plus vite que les femelles.
Chose certaine, du strict point de vue de la recherche, pouvoir étudier ce phénomène chez les chiens comporte un immense avantage par rapport à n’importe quelle autre espèce animale. C’est parce que, qu’ils soient gros ou petits, les chiens partagent des environnements —humains— similaires, une alimentation similaire, font l’objet des mêmes soins vétérinaires, etc. Cela réduit le nombre de facteurs qui pourraient expliquer ces gènes sauteurs.





