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La plus grosse étude génétique à ce jour sur l’Alzheimer a identifié 127 gènes qui pourraient être associés à un risque accru, dont 48 étaient inconnus jusqu’ici. Cela pourrait en faire des cibles privilégiées pour de la recherche sur des médicaments, ou pour des tests de dépistage, selon les auteurs de l’étude.

On sait que l’Alzheimer est en partie génétique, parce que des études sur des jumeaux ont suggéré que de 60 à 80% du risque semblait lié à l’héritage familial. Mais il y a longtemps qu’on cherche ce que sont ces gènes, en-dehors de quelques candidats, dont le plus connu s'appelle APOE. La santé et l’environnement jouent à l’évidence un rôle, pour activer certains de ces gènes ou vraisemblablement pour protéger certaines personnes qui auraient été génétiquement plus à risque de développer la maladie. 

Mais dans ensemble, les mécanismes derrière l’Alzheimer restent mal compris. La meilleure illustration, ce sont les fameuses plaques béta-amyloïdes: bien que leur accumulation dans le cerveau soit pointée du doigt depuis 30 ans comme l’empreinte de la maladie, leur rôle suscite encore beaucoup de doutes

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La nouvelle recherche, prépubliée le 20 mai sur le serveur MedRxiv, a consisté en une analyse des données de 2,8 millions de personnes, dont 109 000 diagnostiquées avec l’Alzheimer, et 75 000 de leurs proches. C’est de ces données que les quelque 140 chercheurs qui signent l’étude ont pu cibler ces 127 régions de notre génome associées à un risque accru. 

Or, comme quoi tout ne tourne pas autour des « plaques », « la majorité de ces nouveaux gènes impliquent les rôles de l’immunité et de la neuroinflammation », commente dans le New Scientist un des pionniers de la recherche génétique des causes de cette maladie, Rudolph Tanzi, de l’Hôpital général du Massachusetts, dont la découverte d'un gène-clef remonte à 1987. 

L’équipe a notamment identifié des types de neurones qui expriment des gènes plus faiblement lorsque des gens sont porteurs d’un variant de ces gènes, plutôt que d’un autre. Ce qui tend à confirmer que le risque d’Alzheimer est « multifacettes ». Et que de mieux comprendre ces interactions sera la voie nécessaire pour développer ces éventuels médicaments ciblés. 

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