Les antivaccins semblent en vouloir aussi à la santé de pitou et minou. Une rumeur dans leurs milieux veut que les vaccins pour nos amis à quatre pattes causent une « épidémie de cancers » —ce qui est faux— incluant des « turbo cancers » —un terme qui n’existe pas dans le vocabulaire médical.
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Interrogé par le site Newsguard au sujet de ces rumeurs, le président de l’Association des vétérinaires des États-Unis réitère que « les vaccins sont un des outils les plus efficaces dont nous disposions pour protéger nos animaux domestiques de maladies infectieuses sérieuses et parfois mortelles ».
S’il n’est pas impossible que le nombre de cancers ait augmenté, on parle tout au plus d’une faible augmentation, normale dans un contexte où la médecine vétérinaire a permis de prolonger l’espérance de vie de ces animaux: de fait, des cancers sont plus fréquents chez les populations plus âgées, qu'elles soient humaines ou animales. « Les vaccins sont un des principaux contributeurs à une plus longue espérance de vie », rappelle la Dr Jessica Vogelsang, médecin-chef de l’Association des cliniques vétérinaires des États-Unis. « Une plus longue espérance de vie conduit à davantage de cas de maladies reliées à l’âge. »
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Le vétérinaire Thomas Edling s’en inquiétait en février dernier dans une lettre publiée par le journal USA Today: sans leurs vaccins réguliers, « il est raisonnable de conclure que les jeunes animaux vont connaître un taux de mortalité plus élevé à cause d’infections évitables ». On parle de maladies comme le distemper canin (contre lequel il n’y a pas de traitements), le parvovirus canin ou la panleucopénie féline.
Ceux qui répandent ces fausses informations ne manquent pas d’imagination : NewsGuard a également identifié des messages sur les réseaux sociaux selon lesquels les animaux qui ont reçu un vaccin à ARN peuvent le transmettre aux humains (les vaccins à ARN ne sont pas utilisés en médecine vétérinaire, et commencent à peine à l’être ailleurs). Il y a aussi la croyance, plus ancienne, selon laquelle les vaccins donnent l’autisme… aux chiens.
Cette forme d’hésitation vaccinale est évidemment liée à celle, plus connue, entretenue face à la vaccination infantile. Les gens qui craignent de faire vacciner leurs enfants risquent aussi de craindre de faire vacciner leurs animaux. C’est un phénomène qu’on observait déjà à la fin des années 2010, mais qui est devenu plus visible avec la COVID, notait un sondage en 2023. « Les sentiments que les gens éprouvent envers une forme de vaccination s’étendent » à toutes les formes de vaccination, ajoutait un reportage du magazine Time en 2025. Cela en vient à faire partie de notre identité: au point où, dans ce monde plus polarisé qui est le nôtre, il n’est pas étonnant, concluait le reportage, d’observer cet effet d’entraînement.





