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De la végétation dans une région côtière peut la protéger de l’érosion causée par les tempêtes. Mais seulement jusqu’à un certain point.

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En bien des endroits du monde, on n’avait pas attendu les effets du réchauffement climatique pour découvrir que davantage de végétation, que ce soit sous la forme de marais ou d’algues marines, pouvait ralentir les effets des vents et des grandes marées. Et qu’à long terme, ces zones ont l'avantage de capturer des sédiments et d'accroître la surface des sols. Elles peuvent même remplacer des structures artificielles, comme des barrières anti-inondations. 

Mais les investissements dans ces structures naturelles sont devenus plus urgents avec l’accélération du réchauffement et de ses impacts sur les régions côtières. Avec ces urgences, sont donc venues des questions: cette végétation peut-elle s’adapter tout aussi bien aux conditions extrêmes qui seront les nôtres? 

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C’est à cette question qu’a voulu répondre une équipe de chercheurs de plusieurs institutions néerlandaises —un pays particulièrement vulnérable aux inondations. Dans une étude publiée le 21 octobre dans la revue Nature, ils se sont spécifiquement intéressés aux marais salés. Leur expérience, réalisée aux Pays-Bas, a consisté à carrément transférer vers l’intérieur des terres 306 mètres carrés d’un marais salé côtier. La région « d’accueil » appelée Delta Flume, est un canal artificiel spécialement conçu pour tester différents scénarios d’adaptation, incluant de grandes vagues, similaires à celles provoquées par des tempêtes majeures. Les « blocs » excavés en septembre et octobre 2023 contenaient une couche de sol —avec végétation— de 40 à 70 centimètres de profondeur.

Après 21 heures d’exposition à de grandes vagues —allant de moins d’un mètre jusqu’à 2 mètres de haut— le marais avait perdu seulement 7 millimètres de son sol, ce qui témoigne de sa solidité. Par contre, plus de la moitié de la biomasse avait été perdue.

Selon ce qu’écrivent les chercheurs, le marais salé s’avérait efficace pour atténuer l’impact des vagues de moins d’un mètre, réduisant leur énergie de moitié. Mais avec des vagues de plus d’un mètre, la réduction de leur énergie ne dépassait pas 10%. Les auteurs en concluent tout de même que la préservation et la restauration des marais salés devrait être une priorité partout où c’est possible, mais que ça ne pourra pas faire l’impasse de constructions humaines, comme les barrières anti-inondations et les digues.

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