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Une épidémie de grippe aviaire dans une ferme de visons, dans l’ouest des États-Unis, ne serait pas, en temps normal, une préoccupation pour les humains. Mais l’absence de surveillance est un problème.

Depuis quatre ans, on a vu s’allonger la liste des espèces animales chez qui des animaux morts —autres que des oiseaux— ont révélé la présence du virus de la grippe aviaire, ou H5N1. Le capacité du virus à accueillir des mutations qui lui permettent d’infecter une autre espèce est désormais bien établie, et la question est donc de savoir si une mutation qui lui permettrait d’infecter un humain pourrait aussi permettre à ce virus de transmettre entre humains —ce qui deviendrait la définition d’une épidémie. 

Logiquement, le risque d’une telle mutation est plus grand dans les endroits où il y a beaucoup d’animaux porteurs du virus et où les interactions avec des humains sont nombreuses. Des éclosions de grippe aviaire chez des vaches aux États-Unis ont tué deux personnes depuis 2024, mais les analyses n’ont pas montré jusqu’ici de transmissions entre humains. 

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Une enquête du magazine américain ProPublica a révélé le 23 octobre que, depuis la fin-août, une épidémie de grippe aviaire a été détectée dans une ferme de l’Utah, qui élève des milliers de visons pour leur fourrure. Une vétérinaire de l’État, qui a demandé l’aide du ministère fédéral de l’Agriculture, s’est fait répondre que ce ministère n’avait pas juridiction sur les élevages de visons, rapporte ProPublica. 

Aucun suivi de l’état de santé des travailleurs n’a été réalisé, ce qui veut dire que des cas de grippe aviaire bénins ont pu passer inaperçus. Ce sont souvent les éleveurs —incluant les éleveurs bovins— qui sont hostiles à l’idée d’autoriser des tests de dépistage systématiques. En vertu d’un plan approuvé en 2025 par les autorités de l’Utah, le ministère local de l’Agriculture peut partager avec les autres intervenants l’information qu’il récolte sur la présence de grippe aviaire dans les élevages —en autant que les autorités de la santé ne fassent pas de dépistages systématiques chez les travailleurs. 

« Au lieu de tenter de stopper l’épidémie et l’empêcher de se répandre aux humains, conclut ProPublica, les autorités de l’État et du fédéral ont fait peu de choses, à part de tenter de garder le silence ». 

L’État n’a pas non plus donné l’ordre d’euthanasier les animaux, ce qui aurait été la norme en pareil cas —comme au Canada en 2025, lorsqu’une telle épidémie s’est répandue dans un élevage d’autruches. Et ce qui aurait aussi été la norme aux États-Unis, s’il s’était agi d’un élevage de volailles: parce que cet animal d’élevage est, lui, couvert par le ministère fédéral de l’Agriculture. ProPublica rapporte avoir parlé à des vétérinaires locaux qui s’inquiètent que l’Utah n’ait pas pris cette décision. 

Le vison est un animal connu pour sa susceptibilité à plusieurs virus qui infectent aussi les humains, comme le coronavirus rappelle le journal The Guardian. De fait, pendant la pandémie de COVID-19, près de 10 000 visons de l’Utah étaient morts à cause du coronavirus et des quarantaines avaient été implantées.  

« Nous pourrions être chanceux, et une réaction qui n’est pas robuste pourrait ne pas avoir de conséquences graves », explique l’épidémiologiste Meghan Davis, de l’Université Johns Hopkins. « Mais nous pourrions être malchanceux. »

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