En Pennsylvanie à quelques centaines de kilomètres au sud de Montréal, il y a désormais quatre décès causés la rougeole. Ce qui suggère que le nombre de cas de rougeole est beaucoup plus élevé que ce qui est officiellement rapporté.
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C’est que, depuis des décennies, la recherche sur cette maladie a permis d’estimer que la rougeole provoque, en moyenne, un à trois décès d’enfants par 1000 cas, pour cause de complications neurologiques et respiratoires. Or, officiellement, en date du 16 septembre, la Pennsylvanie comptait 731 cas de rougeole depuis le début de l’actuelle éclosion, en août. Avec déjà quatre décès, on peut donc craindre que l’infection soit plus répandue.
Cela peut venir du fait que beaucoup de parents ont simplement gardé leurs enfants à la maison, sans déclarer la maladie ni faire de test de dépistage. C’est le cas dans la communauté Amish de Pennsylvanie: le magazine The Atlantic rapporte le 16 septembre que les parents d’un enfant décédé ont admis que leurs 13 autres enfants avaient été malades mais qu’aucun n’avait été testé.
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Un constat similaire avait été fait l’an dernier, lorsqu’on avait signalé deux décès au Texas, avec « seulement » 250 cas officiellement rapportés. Parallèlement, beaucoup de médecins dans le sud des États-Unis notaient que la proportion de cas très graves observés à l’hôpital était anormalement élevée, ce qui suggérait qu’un grand nombre de parents n’avaient pas rapporté les cas bénins de leurs enfants, et ne les avaient amenés à l’hôpital que lorsque leur état s’était gravement détérioré.
Dans une étude parue en 2020 dans le New England Journal of Medicine et portant sur une éclosion de rougeole à New York, une équipe du ministère de la Santé de la ville signalait en plus que les médecins n’avaient pris connaissance de certaines infections que « plusieurs semaines ou mois » plus tard, lorsque les parents avaient amené leur enfant pour un test de dépistage, parce qu’un tel test était alors obligatoire pour l’école.
La rougeole est causée par un virus hautement contagieux qui se propage dans l’air lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou parle. Or, historiquement, le vaccin s’est révélé efficace pour prévenir l’infection et ses conséquences. Avant l’introduction du vaccin contre la rougeole aux États-Unis en 1963, on comptait 3 à 4 millions de cas par année, entraînant 48 000 hospitalisations et 400 à 500 décès. Depuis, un peu partout dans le monde, on constate que les personnes diagnostiquées avec la rougeole sont en grande majorité non vaccinées.
C’est la raison pour laquelle la diminution du taux de vaccination chez les enfants nord-américains inquiète les responsables de la santé publique. Même si, à l’échelle du Canada et des États-Unis, le taux de vaccination demeure encore élevé (90% au Canada), il est particulièrement faible dans certaines communautés —et c’est souvent chez elles que démarrent ces éclosions. L’Alberta, un des foyers des éclosions en 2025, rapportait que dans certains districts, seulement 30% des jeunes étaient vaccinés.
Ce qui n’arrange rien, le ministre de la Santé des États-Unis, Robert F. Kennedy Jr, est un opposant de longue date à la vaccination. Beaucoup de gens qu’il a embauchés au gouvernement partagent ses idées. On a même vu, ces dernières semaines, des doutes être émis à Washington quant au lien entre ces décès et la rougeole en Pennsylvanie, jusqu’à ce que les rapports d’autopsie n'obligent à admettre la réalité. Le 17 septembre, Kennedy donnait une conférence à Washington dans le cadre d’un rassemblement de l’organisme antivaccin Children’s Health Defense, l’organisme qu’il a fondé et présidé dans les années 2010, et dont il avait pris ses distances depuis qu’il s’était lancé en politique, en 2023.





