Nous étions près de deux cents personnes à assister, jeudi dernier, à une rencontre des plus inusitées, concoctée par le Cœur des sciences de l’UQAM. Le point de départ : une invitation lancée par le romancier Martin Winkler (La Vacation, La Maladie de Sachs, Les trois médecins) au physicien Stéphane Durand, spécialiste de la relativité et de la mécanique quantique. Le prétexte : permettre au romancier de valider, devant public, les diverses théories sur le voyage dans le temps qu’il développera dans son prochain récit!

Le voyage dans le temps, rappelle Martin Winckler, est un thème largement utilisé en littérature. Mais c’est le voyage dans le passé, explique-t-il, en raison des incohérences qu’il engendre (un personnage, qui en retournant dans le passé tuer son père, n’aurait jamais pu exister) qui est le plus intéressant à développer pour un auteur parce qu’il permet le plus de ressorts narratifs.

De toute façon, comme le précise Stéphane Durand, voyager dans le futur, c’est déjà possible : des expérimentations sont déjà effectuées en laboratoire. Pour se faire, il ne suffit après tout… que de ralentir le temps!

Le voyage dans le passé s’avère plus complexe. En effet, pour que le voyage dans le passé soit possible, il faut que le passé… existe encore (en fait, il existe même si nos sens ne le perçoivent plus)! Une question inévitable en découle : si le passé est encore là, comment peut-on s’y glisser? Et surtout, comment éviter les paradoxes qu’il crée?

La solution proposée : les trous noirs formant des tunnels qui eux-mêmes s’ouvriraient dans d’autres tunnels (les mondes parallèles). Mais pour plus de rebondissements, le physicien conseille au romancier d’avoir recours aux trous de vers qui permettent de ressortir dans le même univers avec un décalage temporel et de contourner ainsi les paradoxes… Quant à la théorie quantique, elle fonctionne au niveau technique, toutes les expériences sont performantes, mais personne ne la comprend vraiment.

Évidemment, conclut Stéphane Durand, ce ne sont que des théories et les règles ne sont pas toutes connues. Mais déjà le romancier se réjouit puisqu’il pourra en enfreindre plusieurs allégrement!