Il est important pour la recherche médicale d'être au courant de tous les essais, même ceux qui échouent...

Lorsque seuls les résultats positifs sont publiés, cela donne une impression d'efficacité plus importante qu'elle ne le mérite. Un phénomène que l'on appelle en anglais « Publication Bias » ou biais de publication. C'est pourquoi de plus en plus de pays exigent que les tests cliniques (humains) soient enregistrés avant qu'ils débutent. Les États-Unis maintiennent un site, ClinicalTrials.gov, où tous les essais qui auront éventuellement besoin d'être approuvés par la FDA sont enregistrés. On y trouve des renseignements sur le but des essais, où ils ont lieu, les individus qui peuvent y participer et comment joindre les personnes responsables. Comme les États-Unis, avec plus de 300 milliards de dollars, représentent près de la moitié des ventes de médicaments au monde, cette base de données est aussi la plus importante. Près de 88 000 essais cliniques dans 172 pays y sont présentement enregistrés.

Par contre, il n'y a jusqu'à présent aucune obligation pour l'industrie pharmaceutique d'enregistrer les essais qui impliquent seulement des animaux. Pourtant, une étude de l'an dernier dirigée par le professeur MacLeod de l'Université d'Édimbourg suggère que ce biais de publication est aussi important dans ces cas. Les chercheurs ont analysé 16 articles de revue couvrant plus 500 articles sur des tests conduits sur des animaux pour déterminer l'efficacité de traitements pour les accidents cérébraux. Seulement 10 articles ou 2 % du total rapportaient que le traitement avait échoué. Ce qui, d'après l'analyse du professeur MacLeod, donne une impression d'efficacité de 30 % plus grande qu'elle ne l'est vraiment.

_______________________________________________________________________________________________________ LES MANCHETTES SCIENTIFIQUES d’Ariel Fenster L’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill présente des capsules sur des sujets défrayant l’actualité scientifique. Plus de renseignements sur ces sujets, ou d’autres d’intérêt général, sont disponibles en communiquant avec Ariel Fenster.

Professeur Ariel Fenster Organisation pour la science et la société de l’Université McGill 514 398-2618