Pauline Gagnon est passionnée de physique des particules, mais aussi de vulgarisation scientifique. Entretien avec une chercheure qui arpente les couloirs du CERN depuis 19 ans.

Après un baccalauréat en physique à l’UQAM et une maîtrise en physique de l’Université d’état de San Francisco, Pauline Gagnon a obtenu son doctorat en physique des particules de l’Université de Californie à Santa Cruz. Pauline intègre l’équipe du CERN à Genève en 1995 et est rattachée à l’Université de l’Indiana depuis 1999. Elle fait partie de l’équipe du détecteur ATLAS qui a permis la confirmation de l’existence du boson de Higgs. Elle nous explique pourquoi elle aime bloguer.

Agence Science-Presse (AS-P) — Pauline, tu publies des billets sur le blogue Quantum Diaries du CERN depuis décembre 2011 et tu as déjà rédigé plusieurs dizaines de billets. Qu’est-ce qui t’a amené à bloguer pour l’Agence Science-Presse?

Pauline Gagnon (PG) — Le simple désir de pouvoir partager mes idées et mes blogues avec un public francophone intéressé par les questions scientifiques.

AS-P — Avant de te lancer, avais-tu une appréhension à bloguer ou est-ce que cela s’est fait naturellement pour toi?

PG — J’ai été en fait assez surprise de voir comment c’était simple. Ça s’est donc fait de façon assez naturelle pour moi en effet.

AS-P — Qu’est-ce qui a été le plus difficile au début?

PG — Trouver le bon ton et essayer de se faire une idée de son auditoire. À quel niveau faut-il écrire? Et j’ai trouvé que le plus simple c’est de m’imaginer que je parle à une amie ou un parent qui ne sont pas spécialisés mais simplement curieux.

AS-P — À l'inverse, qu'as-tu trouvé facile ou stimulant?

PG — Comme je travaillais au CERN, le Laboratoire européen de la physique des particules, il s’y passe toujours quelque chose d’excitant. J’étais donc super heureuse de pouvoir partager la passion et la curiosité qui animent les scientifiques avec des personnes venant d’autres domaines. Et c’était super facile, car mon travail consistait à ne parler que des choses les plus intéressantes.

AS-P — Qu'est-ce que cela t’a apporté et t’apporte encore?

PG — Ça me rappelle à chaque fois pourquoi je suis devenue physicienne. Le plaisir toujours renouvelé de pouvoir mieux comprendre le monde qui nous entoure, de dépasser le quotidien et s’intéresser à la connaissance pour le simple plaisir de mieux comprendre le monde qui nous entoure.

AS-P — Selon toi, le fait de poster tes billets sur le site de l’Agence Science-Presse permet-il à tes billets d’avoir une visibilité complémentaire à celle apporté par Quantum Diaries? Et en ce qui concerne ta propre visibilité?

PG — Bien sûr que oui. Ça me donne accès à un autre public et c’est une opportunité à saisir. J’adore mon domaine de recherche et je suis heureuse de pouvoir le partager avec encore plus de monde.

AS-P — Pour conclure, quels petits conseils donnerais-tu à une chercheure ou un chercheur qui aimerait se lancer dans la tenue d’un blogue, mais qui hésite?

PG — Ça vaut vraiment le coup. Trop souvent, nous les scientifiques écrivons des articles ou travaillons sur des petits détails qui sont essentiels au progrès de la recherche mais qui nous font perdre de vue l’ensemble et l’essentiel. Quand il faut expliquer aux gens ce que nous faisons, ça nous pousse à nous questionner sans cesse sur l’importance de ces travaux et à tout mettre dans le bon contexte. Ça nous permet aussi de rester plus près de la réalité. En tous cas, moi j’adore.