Le miel des abeilles urbaines peut aider à détecter les sources de pollution, comme le plomb, révèle une étude de l’Université de Colombie-Britannique.

Par Éveline Grenier-Hébert

Les résultats de cette étude, publiée la semaine dernière dans la revue Nature Sustainability, ont été obtenus à la suite d’analyses d’échantillons de miel provenant de ruches urbaines situées dans six quartiers de la ville de Vancouver.

Les analyses ont permis de détecter des traces de plomb, de zinc, de cuivre et d'autres éléments dans le but de comparer les niveaux de pollution dans des zones urbaines, industrielles, résidentielles et agricoles. Les miels contenant les plus hauts taux de polluants provenaient des zones où l’activité et humaine est la plus intense, soit le centre-ville et le Port de Vancouver.

Les chercheurs ont utilisé une technique appelée « empreinte isotopique » pour déterminer la provenance des différents polluants. Le plomb, par exemple, existe sous quatre formes, ou isotopes, et celui provenant des sédiments d’une rivière n’a pas la même empreinte isotopique que celui provenant des freins d’une automobile.

L’auteure principale de l’étude, Kate Smith, déclare que « les concentrations de métaux toxiques, tels le plomb, présents dans le miel de Vancouver ne présente pas de menace pour la santé publique et est bien inférieure à la moyenne mondiale ». Selon elle, un adulte devrait consommer quotidiennement plus de 600g de ce miel, soit environ deux tasses, pour dépasser les niveaux tolérables.

L’utilisation d’organismes vivants dans le but d’évaluer la qualité de l’environnement est une technique répandue depuis plusieurs années. L’étude des anneaux de croissance des arbres indique aux scientifiques comment était l’atmosphère lorsque l’arbre était jeune. Les lichens peuvent révéler les niveaux actuels de pollution dans l’air. Les mollusques permettent de mesurer les niveaux de métaux lourds dans l’eau. Cependant, l’utilisation des abeilles et, en particulier, de leur miel, pour détecter les sources de métaux toxiques présents dans l’atmosphère est une première dans le monde.

Les modèles actuels prédisent que, d’ici 2050, 66 % de la population mondiale vivra dans des zones urbaines. Ce phénomène risque d’accentuer les problèmes de toxicité liés aux métaux lourds toxiques.

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