« Les élèves ne sont pas en congé ». C’était dans le message qui annonçait aux parents l’arrêt des classes normales pour cause de pandémie, jeudi dernier le 12 mars.

Il s’agit de l’école élémentaire Eberg à Trondheim que fréquentent mes filles de 8 et 11 ans, mais il pourrait s'agir de n'importe quelle école du pays, du primaire à l'université.

On y fait plus l’école, mais le bâtiment demeure ouvert pour accueillir les écoliers de parents dont la présence au travail est obligatoire – comme le personnel hospitalier ou celui de la sécurité publique. Dans le message, on nous informait des semaines à venir : chaque matin les professeurs enverront un plan de la journée, avec des liens vers les documents à consulter et les travaux à réaliser. Les écoliers remettront leurs productions en ligne et pourront communiquer via une application avec leur prof et leurs camarades à tout moment de la journée. Pour ne laisser personne en dehors de cette classe virtuelle, des ordinateurs pouvaient être empruntés à l’école.

Le vendredi matin mes filles recevaient plans et exercices de la journée comme prévu, avec quelques ratés et problèmes de communication qui furent réglés dès le lundi suivant, où un tutoriel à l’usage des parents peu habitués à ces nouvelles interfaces accompagnait l’envoi journalier. J’ai eu envie de sortir sur le balcon applaudir le corps professoral.

Le programme est suivi dans toutes les matières et mes filles prennent environ quatre heure par jour à réaliser leurs travaux devant cahiers et ordis. Parmi les tâches en bonus cette semaine: préparer un repas, nettoyer la salle de bain et apprendre aux parents la danse du blimE, une chorégraphie joyeuse pour se faire aller la carcasse en temps de quarantaine. Entrez dans la danse par ici.

 

Les TIC, au cœur de la pédagogie depuis 2006

Cette mise en œuvre rapide d’une « école à distance » par l'ensemble des institutions scolaires du pays s’appuie sur des usages pédagogiques où les TIC (technologies de l’information et de la communication) étaient déjà fortement intégrées. Avec la réforme du système scolaire norvégien en 2006, la capacité à utiliser les TIC devenait une principale compétence à acquérir.

Il semble que la réussite de l'intégration des TIC à l’école repose d’une part sur la formation des futurs professeurs, et d’autre part sur la disponibilité suffisante d’équipements adéquats au sein des écoles. À cet égard, c’est encore la Norvège, avec la Suède, la Finlande et le Danemark, qui présentent les meilleures statistiques.

Sources :

« Ludovia 2010, l’exemple de la Norvège », Lucile Donnat, 2010 ;

« Enquête sur les écoles, les TIC dans l’éducation » Rapport de la Commission Européenne, 2018

 

Ni congé ni chalet

Par ailleurs, plusieurs en Norvège se réjouissaient à l’idée d’une quarantaine au chalet, en famille à alterner entre randonnée de ski, télétravail et école à distance. Hélas, il n’en sera pas question.

C’est ce qu’ont décidé les autorités publiques, alertées par les services de santé de municipalités souvent éloignées où se situent bon nombre de chalets, et qui n’ont pas les infrastructures pour accueillir une éventuelle affluence de malades.

Chacun en Norvège est donc tenu de ne pas quitter sa municipalité de résidence. Bien entendu, ceux dont la résidence et le chalet se situent dans la même municipalité ne sont pas concernés par cet avis.