Un robot peut-il devenir un meilleur compagnon de lecture qu'un humain? C’est ce que semblerait conclure une étude récente réalisée avec des élèves d’une école primaire à Taiwan et Robot Julia, un robot de service adapté, dans ce cas-ci, pour servir comme compagnon de lecture dans une bibliothèque. 

— Zeyda Rodriguez Santana

Des chercheurs du Centre d’intelligence artificielle et de robotique avancée de l’Université nationale de Taiwan ont voulu évaluer la faisabilité d’utiliser des robots sociaux dans les activités d'alphabétisation offertes par les bibliothèques publiques, et comparer l’efficacité de ces compagnons de lecture non traditionnels à celle d’un humain (la bibliothécaire). 

Conclusion? Les enfants ont préféré lire accompagnés de Robot Julia! Précisons qu’il s’agit d’un robot humanoïde, équipé de deux bras et d'un visage capable de montrer des expressions d’émotion humaine et de répondre à l’instant. Au cours de cette étude, il a aidé 36 élèves de troisième année à lire un livre de l’illustratrice Helen Cooper intitulé Pumpkin Soup. Dans l’écran faisant partie de son corps, le robot affichait le texte et l’enfant pouvait le lire, tourner les pages et poser des questions. Après quoi, Robot Julia le remerciait de sa compagnie et lui recommandait d’autres lectures.

«Pour les enfants, un robot et un humain n’ont pas le même degré d'autorité», affirment les chercheurs. Beaucoup d'enfants ont tendance à considérer Robot Julia comme un ami de leur âge, et la bibliothécaire plutôt comme une guide qu’il faut essayer de ne pas interrompre. Cela donne lieu à une interaction plus intime et curieuse avec le robot, et plus formelle et polie avec l’humain. 

«La compagnie du robot provoque une plus grande interaction sociale», conclut l’étude, confirmant l’hypothèse qu’il y a un avantage à utiliser des robots sociaux personnels comme des compagnons de lecture. Les réseaux de bibliothèques publiques qui souhaitent incorporer des solutions technologiques alternatives à leurs programmes d'éveil à la lecture pourraient avoir intérêt à considérer cette option. 

Robot Julia n’est pas seul dans son rôle de facilitateur du développement cognitif chez les enfants. Il existe d’autres prototypes de robots sociaux conçus à cet effet, comme Minnie, qui a été créé par des chercheurs de l’Université du Wisconsin avec l’objectif de transformer la lecture à la maison en activité collaborative, et NAO, un petit robot humanoïde utilisé avec de très bons résultats dans des groupes d’élèves autistes au Québec.

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