Les pôles, territoires froids, blancs immaculés, impressionnent scientifiques, aventuriers et surement beaucoup d’entre nous ! Seulement, depuis quelques années, les retours se ressemblent : le changement climatique se lit drastiquement sur les extrémités de notre planète.

Une chape de fonte sur les pôles
Mi-octobre, le Polarstern est rentré après 389 jours en mer, clôturant ainsi la plus grande expédition arctique (MOSAIC-expédition). Plusieurs centaines de scientifiques venant de plus de vingt pays différents se sont laissés dériver avec les glaces, selon les courants océaniques. Ils ont pu récolter un nombre considérable de données pour nourrir les modélisations climatiques. Cependant, les nouvelles ne sont pas bonnes. La banquise fond. L’équipage a pu constater l'étendue de plus en plus grande de surface sans glace. Et il se pourrait bien que prochainement, la banquise disparaisse totalement en été.

Mince alors...
Même en hiver, la glace en Arctique s'amincit. L’explorateur-aventurier Mike Horn l’a constaté à ses frais lors de son expédition en 2019. Parti avec un collègue en ski pour traverser la banquise du pôle Nord en 60 jours dans le noir complet, ils ont finalement mis 83 jours avant d’être secourus par un brise-glace. Pourtant il en avait déjà réussi la traversée en 2006, mais cette fois-ci, la différence d’épaisseur des glaces lui a rendu la tâche impossible. Une banquise fine de 2 pouces dérive beaucoup plus facilement avec les courants et les vents qu’une de 8 pieds 2. « C’est comme marcher un peu sur un tapis roulant, on a essayé de marcher 20h par jour pour arriver au pôle. Mais pendant 11 jours, la glace nous a mené, chaque jour au point de notre départ ». La glace est aussi sujette à se briser davantage. En sautant entre deux blocs de glace, Mike Horn est tombé dans l’eau à -2C et a bien failli y laisser sa vie. L’explorateur affirme d'ailleurs que c’était surement la dernière fois que des personnes pouvait traverser le pôle nord à ski.

Un écosystème en péril
Outre des explorations qui deviennent impossibles, la fonte de la banquise entraîne avec elle tout un écosystème. Cette glace de mer joue un rôle crucial pour de nombreuses espèces arctiques, comme l’ours polaire, qui en dépendent pour vivre et chasser. Cela impactera aussi, dans les années à venir, le niveau des océans et donc les populations côtières. De plus, cette fonte actionne un cercle vicieux. Sans ces glaces, qui disparaissent dû aux changements climatiques, les eaux se réchauffent augmentant ainsi l’effet du réchauffement planétaire et donc la fonte de la banquise.

Fermer la porte du congélateur arctique
Emmanuel Hussenet, écrivain et aventurier, a tenté de rejoindre en Kayak l'île Hans, un rocher d’1m² entre le Canada et le Greenland (Danemark), revendiqué par ces deux pays. Son constat est identique : la banquise s'affine, le pôle Nord est de plus en plus navigable. Les glaces n’ont plus le temps de grandir année après année, les courants qui les entraînent jusque dans l’Atlantique, ne leur laissent pas le temps. Mais il propose plutôt que l’on chercher des solutions pour garder le froid au pôle Nord, « un peu comme si l’on refermait la porte du congélateur » en construisant une sorte un barrage au niveau de l'île Hans, pour retenir les glaces de la banquise « de manière à ce qu’elles s'accumulent, se solidifient et gagnent en épaisseur hiver après hiver ». Alors cette île représente peut-être l’espoir pour notre planète, un symbole vierge de nationalité pour la préservation de l’océan Arctique.

Voyage poétique à travers l’Antarctique
Le pôle Sud n’est pas en reste. Il se réchauffe doucement chaque année à la fois naturellement, mais aussi due à l’activité humaine. Le photographe François Lepage et le Bédéiste Emmanuel Lepage ont eu la chance de monter à bord de l’Astrolabe pour ravitailler la base de recherche Dumont d’Urville. Dans un album, mixant dessin, photo et BD, ils nous plongent à la rencontre des grands explorateurs de jadis et celle, très humaine, des acteurs des expéditions de recherche de l’institut polaire français.