La hausse des émissions protoxyde d’azote (N2O), causé par l’utilisation d’engrais dans l’agriculture, pourrait empêcher l’atteinte des objectifs climatiques. C’est ce que révèle une étude publiée en octobre dernier dans la revue scientifique Nature.


- Andréanne Forest - 13 novembre 2020

 

Le protoxyde d’azote (N2O), un gaz provenant de l’utilisation d’engrais de synthèse et de l’épandage de fumier, est un gaz à effet de serre 300 plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2) et 25 fois plus puissant que le méthane (CH4). Les émissions de ce gaz ont augmenté de 20% par rapport aux niveaux préindustriels. Une inclinaison qui semble plus marquée depuis les dernières décennies. Mettant l’atteinte des objectifs climatiques et l’Accord de Paris en péril.

L’étude mentionne que l’utilisation d’engrais azoté est en hausse à plusieurs endroits dans le monde. La Chine, l’Inde et les États-Unis sont les principaux contributeurs au niveau des engrais de synthèse, tandis que l’épandage de fumier cause plus d’émissions en Afrique et en Amérique du Sud. La production de gaz à effet de serre est toujours en croissance dans les pays où la production animale et végétale a augmenté.

Un gaz particulier

Le protoxyde d’azote peut provenir de sources naturelles telles que les sols et les océans ou de sources anthropologiques par l’utilisation d’engrais azoté et l’industrie chimique.

L’azote constitue un des éléments fondamentaux de la croissance des plantes et est présent dans les branches et les feuilles. Lorsque les végétaux meurent, les éléments retournent dans le sol et redeviennent disponibles pour les autres plantes grâce aux micro-organismes. En récoltant ces plantes pour l’alimentation, le cycle naturel est modifié et il faut ajouter des éléments pour compenser la perte occasionnée. Cependant, lors d’un apport en azote excessif ou lorsque les sols sont compacts et mal drainés, une partie de cet azote s’échappe dans l’atmosphère et contribue au réchauffement climatique.

Les récentes augmentations dépassent les scénarios les plus pessimistes. «Les augmentations futures de l'utilisation d'engrais peuvent entraîner des émissions supplémentaires beaucoup plus importantes que ce que l'on pensait auparavant», mentionne d’ailleurs Wilfried Winiwarter chercheur au programme IIASA sur la qualité de l’air et les gaz à effet de serre1. Le protoxyde d’azote s’accumule dans l’atmosphère et constitue le troisième gaz qui contribue le plus au réchauffement climatique. Les molécules peuvent persister jusqu’à 120 ans. En plus de son pouvoir réchauffant, il appauvrit la couche d’ozone.

Une lueur d’espoir

Il ne faut pas lâcher prise. En optimisant l’utilisation des engrais et de l’épandage et en adoptant des pratiques culturales appropriées, il est même possible d’inverser la tendance. Les sols agricoles peuvent même participer à capter les gaz à effet de serre.

Crédit photo : https://pixabay.com/fr/photos/temp%C3%AAte-champ-de-ma%C3%AFs-nuages-ciel-5220380/

Chirstophe Magdelaine, 22 janvier 2020, Les émissions de protoxyde d’azote, notre-planète-inf