L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est sur tous les fronts. Elle mène actuellement deux guerres bien distinctes : une contre la pandémie de COVID-19 et l’autre contre l’information nuisible ou infodémie. Ce phénomène a pris une ampleur telle qu’il était nécessaire d’agir pour aplanir la courbe de la désinformation à l’heure de la « deuxième vague » qui sème la confusion et d’un vaccin tant attendu.

- Par Doriane ETIENNE

« Les informations trompeuses se comportent comme des agents pathogènes pendant une épidémie : elles se propagent plus rapidement et à plus grande échelle, complexifiant la conduite des interventions d’urgence » selon l’OMS. À cet effet, des chercheurs de différentes disciplines ont été réunis pour se pencher sur la question et caractériser cette maladie émergente. Ce qui a donné lieu à la promotion d’une science récente l’infodémiologie, d’actions de prévention et de conseils pour aplanir la courbe de la désinformation.

L’infodémie, une pandémie numérique ?

Mais comment faire la différence entre la bonne information, la fausse information et l’information trompeuse ? Comment faire face à ce flux constant d’informations? Au cœur de cette nouvelle épidémie numérique, l’étude des informations et la façon de les gérer. C’est dans ce but que l’OMS a émis des orientations sur le sujet. Dans un entretien accordé à ONU Info, la Dre Sylvie Briand, directrice des maladies pandémiques et épidémies à l’OMS exprimait ses craintes, pour elle, « chaque épidémie s’accompagne d’une infodémie ».

La lutte contre la fausse information en santé n’est pourtant pas nouvelle, mais bien réelle. L’infodémie voit le jour en 2002 et concrétise aussi bien une nouvelle discipline, qu’une méthodologie émergente dans la gestion de l’information en santé. Pour Gunther Eysenbach, le père de cette notion, « la qualité des informations sur la santé est un concept insaisissable, car en médecine, la vérité n’est pas toujours facile à déterminer, surtout dans une situation qui évolue rapidement. »

Cela montre qu’au-delà du monde virtuel, la mauvaise information a un poids considérable dans nos vies. Elle « peut avoir un vrai effet dans la réalité et tuer des gens en promouvant des traitements miracles » expliquait la Dre Sylvie Briand dans la suite de son entretien. Ce climat de défiance, de confusion a des effets délétères sur la gestion sanitaire de la pandémie. Des effets qui relayés par le numérique se répandent comme une trainée de poudre, se mondialisent entrainant une défiance vis-à-vis des autorités et des directives de santé. Ce qui pourrait compromettre la capacité des pays à enrayer la pandémie et couterait des vies.

Alors, quels gestes barrières appliquer dans ce contexte ?

Tout comme la pandémie à COVID-19, il est possible de ralentir la propagation des informations nuisibles. Pour vaincre cette épidémie parallèle, faire face à la seconde vague et aux craintes liées à la vaccination, l’OMS a publié il y a 4 jours une infographie sur les bonnes astuces pour s’y retrouver. Pour pouvoir surfer sereinement sur la vague de l’information, il faut évaluer la source, ne pas se contenter des gros titres, identifier l’auteur, vérifier la date, examiner les faits, analyser ses préjugés et consulter les organisations fiables telles que l’International Fact-Checking Network. Ainsi, tout le monde peut faire obstacle à la propagation de ce virus de l’information erronée en la signalant sur la plateforme sociale concernée.

 

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