Comme la dernière fois, et pour les mêmes raisons, je vais me contenter d’un court billet cette semaine. Je n’ai donc pas eu le temps d’écrire ce matin parce que je donnais la partie deux de mon duo de conférences au cégep du Vieux-Montréal qui s’intitulait « Que faisons-nous ? Enquête sur l’origine des comportements humains » (et qui est accessible par la page de mes présentations sur Le Cerveau à tous les niveaux ou directement en cliquant sur le titre de la conférence). En suivant les questions du célèbre lieutenant Columbo, vous verrez qu’il n’est pas si facile que cela de déterminer ce qui cause un comportement, surtout si l’on considère de grandes échelles de temps. Du temps dont je n’ai pas beaucoup, donc, pour écrire ce billet (si je veux qu’il m’en reste un peu à chaque jour pour avancer le fameux livre… ), mais tout de même suffisamment pour vous signaler encore cette semaine de l’excellent matériel pédagogique sur les neuroscience entièrement gratuit sur les Zinternets…

Il s’agit cette fois d’une série d’animations vidéos produite par le DNA Learning Center, un centre de science créé en 1988 par le laboratoire Cold Spring Harbor pour éduquer le grand public sur les enjeux reliés à la génétique. Leur page Biology Animations contient une cinquantaine d’animations (la plupart de quelques minutes) sur l’ADN, l’ARN, les protéines et leurs interactions complexes qui sont d’un réalisme à couper le souffle ! On est loin des animations en 2D ou même en 3D mais toutes lisses et stables avec des couleurs unies. Ici, tout bouge, tout vibre, on est dans une véritable jungle moléculaire, celle de la moindre de nos cellules…

Pour vous donner un aperçu, je vous propose d’en visionner quelques-unes selon le progression logique suivante.

D’abord celle sur la transcription, le processus par lequel des segments d’ADN (des gènes) sont copiés en ARN messager à l’intérieur du noyau de nos cellules. On y voit, entre autre, les nombreuses protéines (appelées ici facteurs de transcription) qui doivent se fixer sur l’ADN pour l’ouvrir (le « dézipper ») et exposer les bases nucléiques complémentaires qui formeront l’ARN messager.

Ensuite on poursuit avec un exemple d’épissage, opération par laquelle certaines sections de l’ARN messager (les « introns ») vont être retirées par des enzymes, ne laissant que les parties « codantes » de l’ARN pour fabriquer une protéine (les « exons »). Tout ça se passe encore dans le noyau de la cellule.

Puis on assiste à la sortie de l’ARN messager du noyau, ce qui lui permet de trouver dans le cytoplasme des macromolécules appelées ribosomes qui vont s’y fixer. Et c’est grâce à cette véritable chaîne d’assemblage que forment les ribosomes avec l’aide d’un autre type d’ARN, les ARN de transfert, que les acides aminés vont être assemblés en une protéine selon les instructions de l’ARN messager, qui lui-même les tenait de l’ADN. Personnellement, je n’avais jamais vu une animation aussi réaliste de cette étape qu’on appelle la traduction. Et en plus, il paraît que c’est en temps réel. J’étais carrément ému en l’écoutant, sans blague ! Quand ça fait des décennies qu’on te parle de quelques chose et qu’on te le montre juste avec des dessins statiques ou des animations poussives en quelques étapes, voir quasiment « la vraie affaire » a quelque chose qui tient de la révélation…

Deux autres animations me semblent aussi digne d’intérêt, justement pour montrer le contraste entre ce qu’on savait faire avant, et ce qu’on sait faire maintenant, avec ce genre d’animation hyperréaliste. Dans ce cas-ci, c’est sur la simple réplication de l’ADN. Comment chaque brin se sépare et complète chacune de ses moitiés pour former deux brins identiques, juste avant qu’une cellule se divise. Donc une première qui évoque ceci sans montrer comment ça se fait dans le détail. Et une deuxième, montrant le même phénomène, mais avec tous les détails des protéines associées nécessaires à la réplication. Quelle différence encore une fois !

Et, la dernière mais non la moindre, une animation de 14 minutes intégrant plusieurs des éléments qui viennent d’être présentés et comment ils peuvent s’enchaîner dans le cas d’une blessure entraînant ruptures de vaisseaux sanguins et leur réparation subséquente. Comme dirait les Français : j’ai été « scotché » à mon écran du début à la fin !

Finalement, il n’est pas si court que ça ce billet. Mais c’est souvent comme ça en science, tu sais avec quoi tu commences (parfois une question simple, comme qu’est-ce qui cause un geste, ou qui permet de produire une protéine), mais tu sais pas avec quoi tu vas finir… Avec bien plus de questions que de réponses, en général !