Être aidée par notre communauté lors de l’élevage des petits permettrait de vivre plus longtemps et de vieillir moins lentement. C’est ce qu’une étude sur les rousseroles des Seychelles démontre. Ce comportement s’observe aussi chez des espèces de crustacés, d’insectes et de mammifères.

Anne-Marie Gagné, 29 mars 2019

Sur plus de cinquante ans, des chercheurs de l’université de Groningen et les instituts associés ont compilé des données sur les rousseroles des Seychelles de l’ile de Cousin. Les femelles dominantes des groupes d’oiseaux qui s’entraident vieillissent moins vite et vivent plus longtemps. C’est l’étude de la longueur des brins d’ADN, les molécules contenant le matériel génétique, qui a permis cette conclusion.

Les chercheurs ont étudié les télomères, ses pages blanches aux extrémités de l’ADN qui permettent de garder l’information génétique intacte, de la protéger. Sachant que les télomères raccourcissent avec l’âge, ces parties permettent bien d’évaluer le vieillissement des individus. Plus ces parties sont courtes, plus l’individu est vieillissant. L’ADN des rousseroles femelles pratiquant l’élevage coopératif est plus long que ceux ne s’entraidant pas pour l’élevage des petits.

Selon Hammer, les résultats de l’étude concordent avec ceux de nombreuses recherches indiquant que les individus plus sociaux vivent plus longtemps. Ces conclusions s’opposent avec l’idée concernant les avantages de survie associés au « chacun pour soi ».

Les raisons pour lesquelles il y a cet élevage coopératif fait par les descendants des femelles dominantes ne sont pas claires. Comme cité par Cornawallis, les chercheurs ne comprennent pas pourquoi certaines espèces aident dans l’élevage d’autres progénitures au détriment de leur. Selon certaines études, cet altruisme est transmis génétiquement de génération en génération.

D’autres espèces animales pratiquent cet élevage coopératif, notamment chez les insectes, les crustacés et les humains. Un autre chercheur associe cette entraide à un comportement évolutif chez l’humain. Cette nature altruiste faciliterait l’atteinte de buts collectifs, comme quoi, les comportements égoïstes du « chacun pour soi » ne sont pas les seules lois de la nature.