Des océanographes ont étudié l’efficacité du piégeage du carbone par le plancton dans un archipel à mi-chemin entre l’Afrique du Sud et l’Australie. À cet endroit, un apport naturel continu en fer est assuré par des nutriments provenant des sédiments du fond de l’océan. Ces substances remontent à la surface et encouragent la croissance de phytoplancton. Stéphane Blain, océanographe, au Laboratoire d’Océanographie et de Biochimie à Marseille, en France, étudie la croissance du phytoplancton depuis 2005. Il a découvert que la capacité d’absorption du CO2 par le phytoplancton est beaucoup plus élevée que prévu. Chaque atome de fer capterait près de 100,000 atomes de carbone de l’atmosphère en stimulant la croissance du plancton durant la floraison estivale.
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Devant ces résultats miraculeux, certains scientifiques ont tenté de fertiliser artificiellement les océans en ensemençant de fer les océans du sud où ce minéral n’est présent qu’en petite quantité. Mais les résultats ont été très décevants. Les chercheurs ont découvert que le fer n’agit pas seul. D’autres nutriments sont essentiels à la floraison du plancton. De plus, 80 à 95% du fer jeté en mer s’est oxydé avant d’être utilisé par le plancton. Les chercheurs estiment que l’ajout de grandes quantités de fer dans la mer ne réduirait que de 3% les émissions annuelles de CO2 produites par la combustion des dérivés du pétrole. La fertilisation artificielle serait donc 10 à 100 fois moins efficace que les processus naturels des océans pour stocker le carbone.
«Nous ne pouvons atteindre l’efficacité de la nature», explique Ulf Riebesell, océanographe à l’Institut Leibniz des Sciences Marines, à Kiel, en Allemagne. «La géo-ingénierie des océans à l’heure actuelle ne fonctionne pas. » Peut-être, faudra-t-il finalement songer à réduire nos émissions de gaz à effet de serre…





